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L’exil

5 décembre, 2009

Il me faut reconsidérer ma vie une instant.

J’ai eu peur pour moi hier soir. On serait inquiet pour moi et à cause de ça j’aurais pu passer un certain temps au CHUL, pour qu’on me protège de moi-même. Disons que j’ai fait plusieurs gaffes ces derniers temps, et que plusieurs personnes autour de moi ont fait de même. J’ai arrêté de parler pendant plus d’une semaine, je me suis éloigné de tout le monde, j’ai mal dormi, mal vécu, et mes écarts de conduite étaient pires que flagrants; il étaient pathétiques et mal exécutés. J’ai aussi fait une reprise d’examen qui a réussi à instaurer un sentiment de paranoïa dans mon entourage. Ça ne servait à rien de leur dire qu’une nouvelle littéraire était supposé être sombre, ça n’a rien fait. J’ai aussi dit quelque chose après un coup de tête stupide que je n’ai pas vérifié au paravant, tout le monde a mal pris la fausse alerte.

J’étais devenu un pauvre idiot. Un être arrogant avec soi-même qui ne vérifie plus très bien ses pensées. Et j’ai touché le fond du baril au bloc E. Vous pouvez dire n’importe quoi à propos de cet hôpital, j’avais l’impression d’être dans un asile, et on pensait à m’y faire entrer cette nuit. Je regardais le monde se promener en robe d’hôpital, se faisant servir de la bouffe dégelasse, et j’ai attendu dans un endroit pareil pendant des heures, en essayant d’enlever ce stupide bracelet que je détestait déjà, comme le symbole du fond. Je sentais même mon bien-être disparaître ici, tellement j’étais malheureux.

On voudrait me faire prendre d’autres pilules, me tasser une semaine d’école, me protéger. J’ai appris ma leçon; j’en serait encore traumatisé.

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Le coup d’état

24 novembre, 2009

Je me sentais un peu déprimé ce midi; j’avais réussi à évacuer tout intérêt dans la matière la période précédente, aucun ami ne pouvait me remonter le moral. Je ne trouvais aucune raison pour rester pour un visionnement bancal. Alors le spectre de mai est revenu, parce qu’encore une fois, j’ai quitté l’école en direction de Saint-Augustin, j’ai quasiment pas mangé pour l’occasion, et dès que j’ai franchi la frontière j’ai décidé d’appeler pour qu’on vienne me chercher dans l’endroit le plus moche, désagréable de toute la ville. Je pense… vous savez, ça ne mène plus à rien tout ça, faudrait que je vous le dise. Il y a une raison pourquoi je me renferme un peu ces temps-ci. Enfin, une des raisons. La vérité c’est que depuis quelques semaines, je ressens l’envie de causer du grabuge dans mon environnement.Profile Visitor Map - Click to view visits

Cet environnement est tellement passif, sans intérêt pour quiconque, étouffant que j’essaye de le perturber de façon destructive et, après mure réflexion, un peu dénonciatrice. Pourtant tous les plans, toutes les idées que j’avais eues ce sont effondrées en moins de 24 heures, soit par manque de préparation, de temps, ou même de sentiments. J’ai traîné un marteau dans mon sac pendant une semaine, clavasse! Rien n’est arrivé pourtant! À chaque fois qu’une idée se traçait dans la tête récemment, deux éléments revenaient toujours: premièrement, la vitrine des «jeunes compagnons» m’énerve tellement, il faut que je donne ne serait-ce qu’un coup dessus pour satisfaire le manque d’intérêt flagrant. Deuxièmement, les mots. Les citations, les paroles, écrites sur le mur. Je veux dire, si on compare une telle chose à du simple grabuge, on donne au moins un bon indice de la merde qui se passe ici.

Sachez que je n’ai pas inventé le problème dans tout ça. Ça fait depuis le début de l’année scolaire que j’erre dans les couloirs comme un con à attendre… quelque chose! N’importe quoi! Un moment intéressant dans tout ça! On pourrait dire que tout ce que j’ai fait et que je ferais dans un futur ont été faites dans le but de provoquer une idée dans cette école. La radio, la guerre froide moderne, tout sous le but de faire naître de quoi. J’ai attendu le coup d’état et il n’est jamais venu. J’ai donc dû le créer d’une façon ou d’une autre. Il n’est pas encore là à ce que je vois, mais ne prenez pas cet article comme un signe de défaite. Prenez ceci comme une revendication qui explique, en quelque sorte, les ennuis, les revers, les back-flips, les mécontents, les projets.

Mon visage désolé sur l’oreiller par exemple, ça mérite une réflexion à elle seule.

***

“Yellow round faces walking black streets

There in the middle of a system with no heartbeats”

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Track 02

22 novembre, 2009

Je n’étais pas d’humeur lundi, mais pas du tout. J’ai décidé qu’il ne fallait pas attendre dans ce cas et je me suis attardé au plaisir musical que sont les groupes inspirés du son de Joy Division, comme The Stills et, l’artiste d’aujourd’hui, Interpol. Vous n’avez pas envie de savoir comment j’ai été introduit au véritable Joy Division; c’est juste embarrassant. Mais bon, l’album que j’ai acheté cette semaine est le début du groupe Interpol avec Turn on the Bright Lights. J’avais déjà leur troisième album, Our Love to Admire, mais je ne pouvais pas imaginer la qualité de leur premier albumProfile Visitor Map - Click to view visits

Je sais que ça a l’air d’un gros cliché de vous dire cela, mais juste en regardant les nombreuses listes et critiques que j’ai lu sur le sujet, je pense que c’est sûr de vous dire que Turn on the Bright Lights est un des meilleurs albums que j’ai écouté de toute ma vie. J’avoue que si vous prenez en considération mon inexpérience et le fait que je n’ai qu’un seul album de Radiohead – on va y venir, je vous le dit! J’ai crissement hâte au prochain en 2010 – mais prenez aussi ceci en considération: lorsqu’un album vient me chercher il faut que celui-ci arrive au bon moment, pour combler un manque ou pour m’accompagner dans une étape. C’est là que la magie se fait. En moyenne, j’ai écouté toutes les pièces à chaque jour. Je suis même allé jusqu’à référencier les paroles dans plusieurs épreuves… je ne peux pas dire que la stratégie a marché mais ça montre de quoi. Toutes les chansons sont très fortes et notables. Bien sûr certaines réussissent à s’imposer plus que d’autres, comme “NYC” et “PDA”, mais c’est tout de même rare de ne trouver aucun point faible dans une œuvre pareille.

D’ailleurs je vais vous raconter quelque chose qui est arrivé vendredi midi, quand j’étais chargé de la radio étudiante. Cette journée, je m’excuse à l’avance à tous ceux qui ont trouvé l’ambiance désagréable, le mix était… déprimant. J’avais construit une liste basée sur les jours de pluie, et la musique était très lente ce midi. En plus, à cause de l’air asphyxiant de l’intérieur de la salle, jamais visitée par le concierge, j’ai dû ouvrir la porte pour aérer tellement ça sentait fort. J’ai aussi fermé la lumière du local, pour être un peu plus sincère avec moi-même. En tout cas, à travers toutes les demandes spéciales – qui en passant, juste pour vous avertir, ne seront jamais mises le jour même à moins que vous aillez une idée grandiose d’artiste pour n’importe quel thème – il y a eu ce gars qui est venu à ma porte et qui m’a demandé qui est-ce qui jouait. J’étais rendu à Rest My Chemistry. Mais bon, je lui ai dit le nom du groupe, recommandé le premier, et il est parti. Et puis ce soir-là, ça m’a frappé; c’était le type qui jouait sur le banc près des toilettes… je pense que j’ai capoté en silence après ça.

  1. “Untitled” – 03:57
  2. “Obstacle 1” – 04:11
  3. “NYC” – 04:20
  4. “PDA” – 05:00
  5. “Say Hello to the Angels” – 04:28
  6. “Hands Away” – 03:06
  7. “Obstacle 2” – 03:47
  8. “Stella Was a Diver and She Was Always Down” – 06:28
  9. “Roland” – 03:36
  10. “The New” – 06:07
  11. “Leif Erikson” – 04:00

Cependant je vais être honnête, je ne sais plus si je vais encore apprécier Our Love to Admire maintenant que j’ai expérimenté cet album… Nah. “Rest My Chemistry” est trop encré dans ma mémoire pour ça.

Cliquez ici pour acheter “Turn on the Bright Lights” sur iTunes.

[Bonus Track]

Je pense avoir finalement saisi The Music Scene par Blockhead. Un album extrêmement déroutant à la première écoute surtout à cause des samples, dont une grande partie vient d’extraits audio des années 30-40. Au quelque chose comme ça. Prenez le temps de l’apprivoiser, le résultat est tout de même intéressant.

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Le téléphone

20 novembre, 2009

Le week-end sera horrible, je le sais déjà. Peut-être que pour vous ces deux jours sont déjà prévus sur plusieurs activités entre amis, peut-être que vous voyez ceci comme une certaine libération. Sauf que moi, j’appris à voir cette chambre comme une prison elle-même, ou je perds contact avec tout le monde que je connais. Je n’existe pas le samedi, ni le dimanche. Il n’y a que mes écrits. La communication est le problème pour tout vous dire. Je n’ai absolument aucun moyen de communication avec n’importe qui que je rencontre en classe, surtout quand ils vivent à Cap-Rouge et moi à Saint-Augustin. Vous pourriez dire que n’importe quel logiciel de chat pourrait faire l’affaire, et pourtant que je connais encore et toujours des ratés avec le système. La plupart des conversations se sont déroulés ainsi:Profile Visitor Map - Click to view visits

  • Vincent: Salut!
  • (Exemple) n’est plus en ligne
  • Vincent: Tabarnak!

À un certain moment j’ai décidé de foutre tout ça en l’air et j’ai fait une croix sur le moyen. Ça veut sûrement dire que je vais me sentir merdique le samedi soir pour la 3e semaine consécutive. Alors, chers collègues, en prévision assurée pour demain, je vous souhaite une soirée de plaisirs temporaires, sans moi. C’est à vous de considérez cela comme une bonne ou une mauvaise chose, et soyez honnêtes pour une fois.