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Le succès

14 janvier, 2010

Vous savez, peu importe comment je veux me dissocier de mes premiers efforts sur proticblog, ces débuts que certains appelleraient lumineux mais quant à moi merdique, je me sens obligé d’y retourner, non pas à cause de moi, mais surtout à cause des autres. Des autres élèves qui connaissent leurs 15 minutes de gloire éparpillés un peu partout dans leurs quotidiens, alors que les miennes sont déjà passées depuis très longtemps. En fait, laissez-moi vous dire quelque chose; quand dans un (mal)heureux hasard je tombe sur mon ancien blogue qui est toujours là, malgré moi, je me rend compte que j’étais devenu un pauvre innocent.

J’étais devenu complètement matérialiste, sans intérêt, voire un vendeur pour quelque chose dont vous vous foutez complètement. Je suis sûr que des personnes désespérées me rappelleront certains moment de lumière spontanée, mais au final, j’étais devenu merdique, pourri. Parce que peu importe comment vous vous considérez mature à la fin de la journée, sachez que si c’est votre jour de chance, le succès vous montera un jour à la tête, et le mieux que vous puisiez faire sera de finalement vous rendre compte que tout ce que vous aviez fait auparavant était futile le plus vite possible. Que ces mots, ces textes, ne veulent rien dire. Ils ne servent qu’à péter de la broue sur le dos des autres. C’est bien mieux de sauter par-dessus bord avant que les choses empirent, ou sinon, de ramasser les pièces laissées derrière.

Et le pire, si je me souviens bien, c’est que vers la fin de cette phase j’aurais écrit un stupide article sur «comment bloguer comme du monde», destiné surtout au élèves qui rentraient en secondaire 3 PROTIC, et je m’étais basé sur ma manière à la con, peinte par numéros, pour tous les conseils que j’ai donné. Même à cela, si le monde à vraiment besoin de lire une sorte «bloguer pour les nuls», on doit bien se poser d’autres questions. «Mais Vincent, dites-vous, tu es en train de détruire tous les blogues de PROTIC ayant commencé en 2008, comment peux-tu être une personne aussi désagréable?» Premièrement, Deuxièmement, qu’est-ce qui est venu de proticblog.net après cette année? Qu’est-ce qui s’est passé merde? Rien, absolument rien. Le voyage de proticblog n’a duré qu’un an, jour pour jour, avant de s’écraser dans un champ quelconque. Je n’ai rien entendu du secondaire 3, rien lu, alors que nous on devait publier des devoirs sur des pingouins en antarctique là-dessus.

Oui je suis rendu terre à terre comme ça n’a pas de sens. Maintenant, qui suis-je? Je pense bien avoir répondu à cela il n’y a pas longtemps: je suis un trou de cul qui écrit sur internet. Je suis le produit de l’écoute des nouvelles à un trop jeune âge et des jeux vidéo de 1986. Mes, Je prends une capsule de 40mg d’antidépresseur à chaque matin et une pilule pour m’endormir à chaque soir. Je suis bloqué à mon domicile parce que je n’ai rien d’autre à faire. Je suis un trou de cul qui écrit sur internet, et sérieusement, si vous ne voulez pas finir en montée de lait, c’est comme cela que vous devez vous considérer jusqu’à nouvel ordre. Jusqu’à ce que vous faites quelque chose d’important. Mais à la fin de celui-ci, quand la poussière sera retombée, il est temps de revenir au stage principal. Pour certaines personnes, cette poussière ne viendra jamais, et c’est là que l’on trouve un quelconque succès. Un quelconque succès, dans un sens.

C’est drôle, je me souviens avoir déjà dit que je voulais devenir écrivain plus tard, quand je suis entré dans le programme PROTIC. Maintenant que je me rends compte de cela, de cette coïncidence, je ne pense pas que dans ces premières espérances, je pensais écrire sur… bref, moi-même. Parce que laissez-moi vous dire, à toutes les personnes qui pensent que de parler de leur console à 300$ ou de leur artiste préférée parce qu’elle est tellement cooooool est une bonne idée: On. S’en. Câlice. On est sur internet, une banque de donnée sans limite, pour n’importe quel article que vous avez acheté un de ces jours, je peux aller sur un site spécialisé, bien plus connaisseur que vous, pour avoir la même information. Laissez-moi vous dire quelque chose qui est extrêmement important si vous voulez comprendre: la solitude est peut-être le meilleur endroit pour écrire, mais l’inspiration se cache dans le monde qui vous entoure; votre vie enfin.

J’avoue que beaucoup de personne ont eu peur lorsque j’ai rendu ce blogue bien plus personnel qu’avant, mais si j’ai plusieurs fois avoué mes fautes, mes dépendances, mes imperfections en plaidant coupable à chaque fois, ce n’a jamais été pour le plaisir. Ça n’a jamais été pour faire le dégelasse qui aiment voir le visage dégouté des gens. Vous savez pourquoi? Il y a un thème, une incertitude qui se reflète dans la majorité des tous les textes que j’écris maintenant. À propos de l’énorme écart entre moi et le reste de mes confrères. Ce détachement que j’ai envers la culture adolescente et son image qu’elle veut projeter, son mythe. C’est un thème récurent depuis que j’ai recommencé à écrire, sans que je m’en rende compte. C’est une image que je veux détruire, endommagé à cause de sa stupidité et sa laideur. On est allé de jeunes pognés par une omniprésence religieuse à une génération prise dans un moule de caricature.

Je suppose que vous savez maintenant qui je suis devenu au bout de la ligne.

Alors maintenant je vois de anciens collègues, toujours dans la course, vivre des choses qu’on dit «extraordinaire», et puis on oublie. Rapidement. Je n’aurais jamais voulu dire ça en pleine face, mais on m’a oublié assez vite au bout du compte, et ce qui est reste dans la tête des gens, c’est que j’avais écrit cent articles. De la pure merde. C’est pour cela que je déteste autant ce cadre des «petits compagnons», avec des jeunes qui auraient fait de grandes choses alors qu’ils n’ont même pas fini l’école encore. Après tout, ne sommes nous pas tous éphémère aujourd’hui. Avec nos idées et notre musique qui ne semble jamais durer longtemps. Des vrais plaisirs temporaires sans sucre ajouté. Je me fous du fait que vous avez gagné une compétition sportive, impressionné un comité, mis quelque chose en place. On s’en reparlera au bout de la ligne, dans deux ans.

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One comment

  1. Salut Vincent,

    Tu es tellement, tellement, tellement dur envers toi-même!

    Je fais partie de ceux qui sont loin de te considérer comme « de la pure merde », pour reprendre tes propos. Je te le dis et je te le répète : tu es particulier et différent, mais ça ne fait pas de toi quelqu’un d’indésirable! Tu détonnes par rapport à ce qu’on appelle (peut-être à tort, remarque bien) la « norme », mais on s’en fout : tes forces sont ailleurs et tu sauras les utiliser pour trouver un chemin ou carrément créer ton propre chemin qui correspond à ce que tu es. Ça ne sert à rien de dénigrer les autres : construis un chemin à ton image et emprunte-le! 🙂

    Je continue assidûment à te lire… et je te souhaite une bonne journée!



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