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Le Purgatoire

18 août, 2010

Aujourd’hui je vais vous apporter un moment à l’endroit où je travaille; ne vous inquiétez pas, on ne parlera pas de job aujourd’hui. J’ai juste besoin de ça pour vous situer. Bon, nous sommes sur le Boulevard Wilfrid-Hamel, et juste en face à gauche il y a une rue qui s’appelle la rue Claude-Jutras qui passe juste en arrière des cinémas – ironique quand même; on met une rue au nom d’un des plus grands cinéastes québécois caché derrière un Cinéplex Odéon. Si vous continuez dans le même sens vous trouverez un Dollarama, un ancien cinéma, un Sears qui ne décollera jamais, un Wal-Mart toujours remplis et puis finalement un EB Games tout au fond. Ça justifie la grande marche. La raison pourquoi je vous parle de cela, c’est que depuis que j’ai pris mon boulot, je vois l’autoroute Duplessis comme mon véritable Purgatoire, à moi tout seul, et je ne vous ai toujours pas parlé de l’autre bord de l’autoroute.

La raison pourquoi cet endroit m’emporte autant, aussi banal que les magasins ont l’air, ça remonte personnellement à deux ans auparavant. Qu’est-ce qu’il s’est passé il y a deux ans? J’étais un enfant stupide. D’accord, j’étais un blogueur stupide, si on considère l’âge. Je me souviens qu’à chaque vendredi de l’été, j’allais prendre ma journée dans ces stationnements. J’achetais le matin et j’allais au cinéma après-midi. Je considérais ça comme une bonne marche, comme on dit, et aussi déprimant qu’étais le Wal-Mart, c’était la seule option pour aller chercher autre-chose qu’un jeu ou de la nourriture.

Comme j’ai dit, j’étais un blogueur stupide. Maintenant allons voir comment ça va aujourd’hui; bon, et bien, le champ de construction est devenu un immeuble de décoration encore plus inutile, le Sears ne pogne toujours pas – sauf que, pour une raison ou une autre, ça me saute plus aux yeux – le Wal-Mart est devenu emmerdant désormais, comme étant un fabuleux exemple de «Tout ce qui peux aller mal, et ira mal, dans le capitalisme», et finalement, on a une année de merde au cinéma.

Tous ces éléments ont l’air ordinaires tout seuls, après tout c’est un problème personnel, mais imaginez que j’aille marcher le grand kilomètre de stationnement, de rêves perdus qui ne vont jamais être retrouvés. Imaginez les grandes erreurs de la naïveté du débutant, étalée sur une distance gigantesque. Et imaginez que la rançon d’une telle marche est une simple pensée qu’on a hâte de revenir chez nous avec un jeu entre les mains. Si je veux me sentir aussi pathétique dans mes vieilles années, ne cherchez plus. Ben, au moins il n’y a pas vraiment de chance de trouver un sans-abri sur les lieux, en train de manger du Quiznos avec des tics nerveux… ah merde, j’en ai vu un, un après-midi. Ça va prendre du temps à oublier, je crains.

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