Archive for novembre 2010

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Copy/Paste

30 novembre, 2010

Normalement j’essaye toujours d’éviter la politique, pour des raisons… enfin, j’ai mes raisons. Sauf que ce matin je suis tombé sur un article, peut-être que vous l’avez manqué je ne vous blâme pas (trop tard c’est fait). Enfin, l’histoire est que la chambre des communes serait sur le point de voter une loi du chiffre C-32, concernant  les droits d’auteurs. Je pensais que ce n’était qu’un feu de paille lorsque l’idée d’écrire sur le sujet m’est venue, mais heureusement, en moins de deux heures, la communauté d’artistes est arrivée pour confirmer qu’ils montaient aux barricades; une barricade qui consiste en une grande planche de bois mince mal fixée au sol qui peut s’effondrer seulement en s’y appuyant dessus! De cette communauté, l’on y trouve Robert Charlebois, Michel Rivard, Luc Plamondon, Richard Séguin et Stéphane Archambault! Oui mesdames et messieurs; les Has-Been sont de retour! Et ils sont persuadés que si vous n’achetez plus leurs CDs, ce n’est pas qu’ils sont de mauvaise qualité ou qu’on est simplement écœurés d’entendre les mêmes crisses de tounes; c’est à cause d’internet!

Je vais passer à travers leurs revendications, mais très lentement, car l’ampleur de leur stupidité est telle que ça va me prendre une bonne minute pour les digérer, une par une. D’abord, pour commencer facile, ceux-ci sont contre le gel du régime des copies privées, la reproduction de copies à fin privée. J’ai essayé de lire le projet de loi, malgré mon manque complet d’expérience dans le domaine, et cette partie fut une des seules que j’ai réussi à comprendre. En fait, les copies à fin privées, pour être acceptées, doivent respecter quatre ou cinq critères, le plus fort étant que ces copies doivent venir de copies (exemplaires, si vous voulez un autre mot plus légal) achetées. Elles ne peuvent pas venir de copies louées. Aussi on ne peut pas les donner comme ci, comme ça. Donc, prenons un exemple; disons que j’ai le Best Of the Art of Noise, groupe britannique électronique des années 80. Disons que même si je suis persuadé de l’avoir, j’ai réussi à le perdre. Est-ce que je peux le télécharger? Oui, car j’ai une copie originale que j’ai perdue quelque part chez nous! Et oui, c’est pour ça que j’ai téléchargé cet album!

Aussi, ils sont contre le fait d’utiliser gratuitement leurs œuvres pour des fins pédagogiques… Quoi, vous ne voulez pas qu’on étudie vos chansons, votre musique? Quoique pour être honnête, il n’y a pas vraiment de quoi étudier les chansons de Luc Plamondon, à part «comment ne pas écrire une chanson de Céline Dion». Enfin, en secondaire 3, nous avons fait une étude sur la poésie et une des activités était d’étudier une chanson québécoise et ses paroles. Notre enseignant de français était un grand fan des nouvelles technologies, et l’est encore d’ailleurs. Dans mon cas, j’ai étudié la chanson «Libérez-nous des Libéraux» de Loco Locass. Notre enseignant nous a avertis que nous avons droit d’écouter ces chansons pour seulement une journée, pour ne pas aller contre la loi à pleine vitesse. Voudriez-vous que nous étudiions des artistes du terroir québécois, tels Félix Leclerc ou Gilles Vigneault, sans devoir payer à chaque coup? Oui je sais que vos budgets sont limités en temps et lieu, mais ce n’est pas en essayant de prendre en otage un géant du nom d’internet que ça va marcher!

Mais mesdames et messieurs, ceci n’était que préparation; voici le coup final. Face au téléchargement sur internet de leurs chansons – téléchargement illégal pour eux – les artistes veulent recevoir, et je cite, «des redevances des fournisseurs de service Internet pour compenser les pertes qu’ils subissent en raison du téléchargement illégal de musique sur Internet.» …Il n’y a pas de mot dans le vocabulaire français qui arrive à la taille de pouvoir décrire comment ceci est stupide. Et j’ai Antidote.

«La solution, ça serait que les fournisseurs Internet nous donnent une redevance, parce que leur autoroute électronique, s’il n’y a pas de musique dedans, elle ne vaut plus rien, c’est une coquille vide.» -Robert Charlebois.

Oui Robert, tu es clairement la voix des nouvelles technologies. Ok, Robert Charlebois qui me parle d’internet, c’est comme un arrière-grand-père qui me parle de lecteurs MP3. Cette affirmation est tellement stupide, tellement stupide, qu’elle ouvre tout plein de questions: quels sont les sites qui violent votre philosophie? Comment voulez-vous qu’on détecte dans la bande passante toutes les chansons, et s’il y a lieu, qu’on sépare toutes les chansons québécoises du reste? Si j’achète vos albums et que j’utilise donc cette bande passante pour les télécharger d’iTunes, est-ce que ça compte? Est-ce que vous avez idée de comment ça va coûter pour vos caprices? Est-ce que vous venez de dire que sans la musique, internet est un véritable trou noir, même si j’ai lu cet article, donc de l’information, sur internet? Et les vidéos d’information? Et les encyclopédies? Et les artistes qui font la promotion de leur musique sur internet (comme Misteur Valaire ou Radiohead tant qu’à faire), est-ce que vous avez pensé à eux? Robert, c’est quoi ton dernier hit, loser?

«C’est fini les 200 000 CD. En moyenne, un CD aujourd’hui au Québec c’est 20 000. Chez les canadiens-anglais aussi, à leur échelle. Les Neil Young, les Bryan Adams perdent aussi 30 % partout au pays.» -Robert Charlebois.

…Est-ce que vous avez considéré les pièces individuelles? Vous savez, lorsque l’on veut acheter une chanson, mais pas l’album. Est-ce que vous avez considéré ce beau monde qui prend cette option? Parce que, j’ai lu quelque part dans un article sur un livre portant sur la chute de l’industrie du disque (Merci Burp et Épicure!), le problème c’est qu’ils vendent plus de chansons, moins des albums. Et puis si je fais des échantillons de chansons québécoises? Histoire vraie, quand j’ai commencé à travailler dans VirutalDJ, j’ai commencé par des artistes québécois vu que je voulais faire différent. Ce n’est pas dans leurs revendications, je sais, mais avec cette sortie je crains leur vision aveugle plus que toujours. Car sérieusement, avec toutes leurs sorties contre le fédéral et la façon dont il subventionne les artistes d’ici, celle-ci est sûrement la plus stupide, innocente, désinformée, ambiguë et insultante de toutes. Alors que les Karkwa, les Malajube, les Misteur Valaire évoluent comme le reste du monde technologique, il y en a encore qui veulent vivre leur propre grande noirceur. Cherchez pourquoi si ça vous tente.

Et maintenant ma barre d’espacement m’a lâché.

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Session trois

28 novembre, 2010

26 octobre, poème à partir de lignes de Borges et d’écriture automatique.

Konami Code

Gauche sera un jour droite
Droite sera un jour gauche
Et la nuit s’était brusquement abattue sur la lumière
Rayé de la carte postale
Portail de notre expérimentation

Puisque nous nous perdons comme se perd une paire
Je ne pourrais peut-être échanger le mot
Cet amour épais est notre secret découragé
Cette clarté couchante qui brûlait les profondeurs
Nous nous lèverons les dents jaunes

2 novembre, poème basé sur tableaux exposés au café.

Lumines+ (SHININ’)

Mot de silence, dormeur cherchant lumière
Mots de couleurs, quidam trouvant l’espace
Une crème de voie lactée à la pistache
Fondue sur l’étroite lampe au soir
Et nous brillons, brillons, brillons, brillons

16 novembre, micro-nouvelles.

Le club vidéo mord la poussière qu’il a accumulée sur ses classiques, en attendant les psychoses et les oiseaux venant du nord par nord-ouest. Moi je peine à voir ce qu’on peut trouver aux voitures invisibles.

***

Le fan-fiction sur le papier souillé en lettres blanches.

***

Le garde-manger

Les pains seront au fond à gauche, les croustilles tout droit. Les caissières seront rangées à ta droite, tu les passeras tout de suite comme les sacs de plastique, alors que tu oublieras ton amoureuse quand viendra le temps de payer, face à elle et le souper à la carte par débit.

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Les chemins de verre

27 novembre, 2010

Il n’y a pas si longtemps, je trouvais une certaine intimité sur l’autoroute, aux petites heures du matin ou bien dans les mois de décembre, où la nuit tombe à 17 heures. Ces périodes devenaient très solennelles, calmes, magiques je dirais même. Dans ces temps, je m’assoyais en avant complètement de l’autobus pour être témoin de marque des lampadaires, des lumières étoilées des autoroutes et des voitures. C’est un sentiment de beauté impeccable, où l’absence de lumière de mon côté faisait ressortir toute l’élégance de la simplicité. C’était un moment intime avec des douzaines d’autres élèves dans mon dos, aucun duquel m’importait.

Puis, quand venu les matins de sept heures, dans un taxi gris roulait sur l’horizon blanc j’écoutais surtout Teen Dream de Beach House jusqu’à trouver que j’exagérais. On aurait pu dire que la pénombre était blême, mais je me souviens très bien que cette musique montrait la route comme un trou blanc, en attente d’un jour meilleur au froid. Bien sûr, j’étais peut-être coincé avec un type qui jouait le même effet sonore à travers un haut-parleur de Nintendo DS, mais je trouvais toujours le moyen de me perdre dans le banc de neige sur le banc d’auto.

Et aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe? Eh bien, je vous dirais sans surprise que les autobus du RTC n’ont pas le même effet, avec les publicités éclairées produisant ma pollution lumineuse à moi, moi seulement. Je suis peut-être le seul à trouver de la beauté dans cette petite chose de la vie, la neige reflétant les lampes. Et encore là, je n’ai peut-être plus le temps, même dans l’attente, pour savourer ces moments ou la musique elle-même.

Ou peut-être qu’écrire dans ma chambre, écran seule source de lumière, m’aidera sur ce point.