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Common People

29 janvier, 2011

Je n’ai aucune idée pourquoi j’écris toujours mes articles à la fin du mois. Cette habitude me passe complètement par la tête.

La raison pourquoi je vous écris aujourd’hui c’est parce que… j’ai un problème avec le mouvement indie en ce moment. En fait, non, effacez cette ligne. J’ai un problème avec tous ces jeunes qui décident tout d’un coup de s’identifier à un quelconque mouvement indie (ce qui ne veut rien dire en passant) tout en ne comprenant rien de la chose. J’ai un problème avec ceux qui n’ont rien compris. Un des dossiers qui me vient le plus vite en tête par rapport à cela est la montée en popularité du groupe Metric.

Maintenant, je n’ai rien contre Metric, quoique je pourrais vous nommer plusieurs artistes qui sont plus intéressants et plus audacieux dans leur musique qu’eux *cough* Broken Social Scene *cough*, mais voici le problème: avant le gala des Juno, très peu de personnes à mon école secondaire connaissant ce groupe. J’avais même réussi à passer une de leurs chansons le jour des festivités d’Halloween et même si certains l’ont bien aimé, ça s’est arrêté là et le secret restera dans une tranche de vie que je possède, comble de moi-même. Et puis les Juno sont arrivés, et en quelques heures seulement, la bonne fée commerciale radiophonique a agité sa baguette magique et les jeunes de secondaire 4 à 5 ont avalé l’information. Je ne peux rien blâmer sur Metric, ils ont seulement été victimes de leur succès et tant que le monde les écoute, tant mieux. Mais ce manque de sincérité, d’honnêteté de l’autre bord du haut-parleur, c’est là que ça craque pour moi. Je ne suis pas un de ces stupides cons bien polis qui jette la serviette quand son groupe préféré atteint une certaine popularité parce qu’il a perdu sa caractéristique unique des autres; on devrait tous souhaiter le meilleur pour ceux qu’on aime.

Vraiment ça défait le sens d’écouter de la musique indépendante si celui qu’on écoute pour choisir quoi écouter est une grande entreprise cachée derrière de jeunes animateurs qui animent des émissions de musique de marde – ouais, c’est toi que je regarde, Musique Plus. Vous savez comment je suis vraiment embarqué dans la musique indépendante? Je pourrais vous dire The Stills mais ça serait vous mentir. J’ai véritablement commencé à écouter du indie lorsqu’un groupe d’électro torontois s’est fait montrer du doigt par une gang de Québécois qui couraient après des subventions fédérales. Oui, tout ça a commencé avec Holy Fuck… et un prof de science et math de PROTIC 4 que je n’ai jamais eu le temps de remercier après toutes ces années. Sérieusement, merci à vous.

C’est un peu comme le monde qui vient magasiner chez H&M abusivement. J’y suis allé à plusieurs reprises, et puis m’est soudainement venu à l’idée que c’est ici que se confectionnent des douzaines de clones de Xavier Dolan. Je vous le dis, lorsque j’allais à l’Impérial pour le Festival d’Été de Québec, je pouvais facilement en trouver cinq. Vous voulez savoir quel est le véritable style indie mes chers enfants? Il n’existe pas de véritable style indie! Allez dans n’importe quel magasin de vêtements et essayez de ne pas défoncer votre porte-feuille ou votre ego cette fois. Je voudrais bien vous suggérez des magasins plus terre-à-terre, mais même eux sont rendus avec ce style fausse-usine qui, soit dit en passant, ne marche pas vraiment quand on sait comment ces vêtements sont véritablement confectionnés, alors H&M ce restera. D’ailleurs avez déjà remarqué l’ironie du Freedom Central juste en face? Pensez-y: le magasin a le mot «Freedom» dans son nom. Je ne sais pas pour vous, mais quand je pense à «Freedom», je ne pense pas à ça pantoute.

Il y avait aussi ces publicités dans l’autobus pour des chandails de groupes rock des années 70, avec une minibiographie du groupe juste à côté, comme s’ils savaient que leur clientèle était assez ignorante pour acheter des vêtements basés sur des choses qu’ils ne connaissent pas. Ça serait comme du monde qui se promène avec un t-shirt de Nirvana parce que le mot sonnait bien.

Il y a trois choses que j’adore de la musique indépendante quand j’y pense, à part la musique en tant que telle: son honnêteté, sa sincérité, et son acceptante de l’étrange, de l’absurde. C’est un des seuls endroits où ces trois concepts peuvent être encore acceptés aujourd’hui, et c’est ainsi que je vis mes journées désormais. Si vous voulez vraiment vivre ainsi, plongez dans cet univers, explorez ses contrées lointaines, laissez-vous noyer par le monde autour de vous, et lorsque vous aurez tous compris, ce sera un des plus beaux jours de votre vie. Sinon… you wanna live like common people?


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