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CURLING – Critique du film

26 février, 2011

J’ai le sentiment qu’il faudrait que je m’explique un peu là-dessus, même si ça dérange un peu certains lecteurs. Mais bon, voici qu’est-ce qui s’est passé: en décembre, après avoir appris qu’En terrains connus de Stéphane Lafleur ouvrirait les Rendez-Vous du Cinéma Québécois (et non, je ne l’ai toujours pas vu et je me sens mal pour ne toujours pas l’avoir vu) et je suis tombé sur un concours pour le Rendez-vous de la jeune critique. Envoyez une critique d’un film québécois récent et vous pourriez être un des cinq chanceux sélectionnés pour participer à cette rencontre!

Ça n’a pas marché.

J’avais fait une critique du film Curling. Cette critique est restée sur mon ordinateur depuis, et c’est pourquoi, en addition du fait que j’ai l’impression de donner l’impression de juste chialer sur le cinéma québécois, j’ai décidé de finalement publier ce texte que j’ai fait. En attendant d’avoir de l’argent pour recommencer à aller au cinéma.

Curling est sûrement le plus accessible des films de Denis Côté; cela ne veut peut-être pas dire grand-chose pour monsieur et madame Toutlemonde (Jr.), mais pour d’autres il s’agit d’une excellente porte d’entrée à l’œuvre du réalisateur québécois, établissant les forces et caractéristiques de ses images, sa mise en scène.

Le film se concentre sur les personnages de Jean-François, concierge dans un centre de quilles de petit village, et de sa fille Julyvonne, isolée à rester chez elle tous les jours à cause des peurs de son père. Chacun d’eux seront confrontés à des trouvailles morbides, qu’ils devront garder secret l’un de l’autre malgré eux.

Maintenant, on pourrait parler de la performance des acteurs à travers l’univers froid de Saint-Hilaire, mais j’aimerais d’abord apporter la qualité de la mise en scène du film. Il s’agit d’une imagerie subtile, silencieuse, qui fait remarquer les petites choses de la vie, où l’on a seulement de la musique quand le scénario le nécessite. J’aimerais prendre en exemple les deux scènes où Jean-François et sa fille écoutent de la musique – ça n’a pas l’air si important dit comme ça, mais vous verrez. Enfin, la première fois, la lumière d’une lampe au-dessus de la tête de Julyvonne, assise sur le sofa, comme si elle éclairait son père assis à l’autre bout. Plus tard, toujours avec le même plan, elle cache complétement la lampe, de façon à ne montrer qu’une silhouette dansante, alors que son père est encore coincé au même endroit, seulement différemment. Ce sont ces petites choses qui donnent une certaine force au film. Denis Côté a aussi cette capacité à maitriser le silence comme une véritable bande sonore; comme si quelque chose se passait malgré les apparences calmes. Une sensation qui peut malgré elle vous suivre au retour du cinéma.

Mais bon, les acteurs; Emmanuel Bilodeau est la tête d’affiche de la distribution, avec son personnage de concierge isolé dans les froids de Saint-Hilaire avec sa fille, jouée par Philomène Bilodeau, sa vraie fille. Généralement j’ai été assez impressionné par le reste de la distribution, qui consiste en plusieurs acteurs que l’on a déjà vu dans des petits rôles par-ci, par-là, et qui ont été parfaitement choisis dans leurs personnages, comme Roc LaFortune et Sophie Desmarais. Chose à admettre, j’ai été un peu effrayé des gothiques de la façon dont ils ont été filmés. Je veux dire, je n’ai absolument rien contre n’importe qui s’habillant de cette façon, mais forcé d’admettre que la palette de couleur utilisée, ces personnages à la peau blanche, habillés en noir avec des cheveux rouges, tout ça en contraste avec les plaines fades et tout aussi blanches nous isole un peu de ces personnes autrement très sympathiques. Un peu comme ce que vit Jean-François.

Curling a peut-être l’air simple, mais c’est justement une de ses plus belles qualités: cette tendance à regarder le paysage impuissant, à nous montrer que malgré le silence froid et la solitude, le monde évolue sans qu’on ne le sache vraiment. C’est cette capacité à utiliser l’image et le silence qui rend Curling un excellent film.

 

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