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HOBO WITH A SHOTGUN – Critique du film

24 avril, 2011

Vous savez, être critique de cinéma n’est pas chose facile… d’accord, cette phrase est extrêmement clichée et mal écrite, mais j’aimerais tout de même valoir mon point: on doit aller voir plusieurs films par jour, garder tous les points et les opinions qui se manifestent jusqu’à l’écriture du texte, qui doit se faire vite soit dit en passant, mais il existe aussi un ennemi majeur qui, même s’il n’arrive que très rarement, a quand même un effet dévastateur: le doute par rapport à soi-même. Le métier nous force à nous former une opinion stable rapidement, en prenant conscience de tous ses points, mais qu’est-ce qui se passe lorsqu’on sent qu’on devrait aimer un film, qu’il a tout pour nous plaire, et pourtant il nous est impossible de le faire? Eh bien c’est ce que j’ai senti après avoir vu Hobo with a Shotgun, et croyez-moi, je me sentais vraiment coupable.

Vous n’avez pas idée comment je voulais me convaincre que c’était un bon film dans le stationnement du cinéma; je devrais aimer ce film, ou au moins l’apprécier pour les moments de plaisir qu’il m’a donné, pour ce qu’il a essayé de faire. Mais il a le problème que plusieurs films nostalgiques d’aujourd’hui ont: celui de ne pas être du même calibre que ces films d’action d’antan.

Au cas où vous ne saviez pas, Hobo with a Shotgun a d’abord commencé comme fausse bande-annonce dans le film Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Un concours avait été fait pour donner la chance à un jeune cinéaste de voir son annonce de film d’exploitation à côté de celles de Robert Rodriguez, d’Edgar Wright, d’Eli Roth et de Rob Zombie. Le gagnant fut cette bande-annonce, venant d’un village de Nouvelle-Écosse. Et maintenant nous voilà, avec la version longue et complète. L’histoire est celle d’un sans-abri vigilante avec un shotgun… c’est tout ce que vous avez à savoir.

Maintenant commençons par ce qui saute littéralement aux yeux; c’est coloré. Le générique nous dit que le film a été en technicolor, un peu en blague, mais n’empêche que les couleurs, l’éclairage et les contrastes sont forts et variés. Même dans la rue débridée, les couleurs ressortent beaucoup. Cela rend le film très agréable à regarder. Bien sûr le reste des bons points s’inscrivent dans le bagage d’un film d’exploitation moderne; c’est sanglant, c’est violent, c’est absurde, c’est drôle, et les performances sont exagérés et même glorieuses. L’action n’est pas très poussée de son côté, mais bon, ça ne s’appelle pas Hobo with a Shotgun pour rien.

Mais s’il y a tant de choses à aimer ici, tant de choses qui rendent l’expérience divertissante, que peut bien être le problème? Eh bien, c’est là que je commence à me sentir vraiment mal à l’aise; la réalisation finit par se prendre trop au sérieux vers la conclusion. Le film prend beaucoup d’inspiration du réalisateur John Carpenter et du long-métrage Escape from NY, qui manque cruellement à ma culture d’ailleurs. Et pourtant, je ne pense pas que ce film-là est allé jusqu’à nous forcer un message dans un film qui était essentiellement Kurt Russel étant vraiment bad-ass. Je veux dire… je suis désolé. Vous avez peut-être évolué dans l’école de pensée de John Carpenter, moi j’ai appris avec Reb Brown…

Bien sûr il peut y avoir un discours motivateur ou tragique dans un film de ce genre, c’est même un excellent cliché du genre. Seulement ici on en a 2-3, et on sent vraiment que le réalisateur était sérieux dans son approche. Pris tout seuls, ces scènes ne sont pas si pires, mais ensembles elles finissent par sonner faux. Je déteste tomber dans le cliché de «la fin est poche», mais l’approche ampute même ces dernières minutes, qui donne finalement aucune véritable résolution; ça arrête, tout bonnement.

Et c’est vraiment ça qui rend Hobo with a Shotgun si triste pour moi. Si l’action du moment même est très divertissante, c’est l’arrière-goût qui laisse un peu à désirer, et cet arrière-goût reste malgré lui. Vous n’avez pas idée comment j’étais déchiré à la sortie du cinéma, car ses bonnes qualités mériteraient un visionnement en principe; ça l’a tout ce que je désire d’un bon film d’exploitation, mais je ne peux juste pas le recommander. Maintenant si vous m’excusez, il faut que j’aille des têtes de psychopathes dans Borderlands

Avec un shotgun.

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