Archive for mai 2011

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Les étincelles restantes

28 mai, 2011

Gil Scott-Heron
1949-2011

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Le muscle, I

22 mai, 2011

Crève mes yeux gentiment
Dans la Basse-Ville de neige
Après les hauts précipices où je me suis jeté
Crève l’écran comme une banquise
Sur laquelle je me suis effondré
Comme sur les grandes vitres d’un hôpital
Crissez-moi une explosion de peinture
Qui ne me fera rien
À part constater le bordel
En sachant que ça va recommencer

Je vous maudis Dieu, pleine de crasse
Et vous bureaucrates auront toujours mon dernier mot
Mais je ne peux rien faire à un tableau Excel
De mes émotions interchangeables
Si je leur crache au visage
Je les regarde crouler avec désolation
Comme un orage d’été sur le patio
Comme des élus avec un manque cruel d’éthique

As-tu déjà laissé couler cette larme
Le soir en regardant ton écran d’ordi?
Peut-être que les quatre heures de route chaque jour m’usaient
Parmi les boulevards de petits pains d’impôts
Mais la chance à travers la malchance est assez pour rendre un homme heureux
Pour souhaiter te revoir sur les ciels blancs
Si les insomniaques s’amusent
Nous pourrions contempler le moment spontané
Hors des philosophies banlieusardes
Nous pourrions nous aimer dans notre folie

Mais je suis devenu le diable passif
Et tu es à côté de Jésus-Marie Joseph
Le sac d’école saigne le martyr sur le lit humide
Des absences brûlantes crispées
L’hiver de la Basse-Ville s’est terminé il y a un an
J’attends encore l’été de tes cheveux noirs
De nos joyeuses douleurs
D’un bonheur sur les barricades radiophoniques
Sacre un coup de marteau de la télé
Et nous aurons la conscience tranquille

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Lecture publique

5 mai, 2011

Je suis tombé il n’y a pas si longtemps je vu que mon compatriote/grand empereur Mario Asselin avait répondu à un petit sondage sur F… enfin, vous savez où. Ce sondage demandait si on devrait baisser l’âge minimum pour voter. Je ne suis pas de cette idéologie malheureusement. En fait, je crois qu’avant de rentrer à plein nez dans ce territoire qu’on appelle la politique, il faut recevoir un coup de poing dans l’estomac qui nous montre nos véritables limites par rapport au cirque. On a reçu ce coup de poing lundi.

Tous ceux qui vont avoir 18 ans dans quelque temps, bienvenue au club. Pour tout le reste, j’espère que le lendemain de veille s’est bien déroulé.

Ce soir j’ai envie concentrer sur l’utilisation d’internet, non pas pour la campagne, mais bien pour la politique en général et la définition de nous-mêmes. C’est tout de même déprimant de voir que la politique est devenue l’équivalent d’un forum de discussion de jeux vidéo avec des fanboys tout bord, tout côté, où la seule différence, c’est qu’au lieu d’avoir dix ans, ils en ont trente ou quarante!

Enfin, hier soir je suis tombé sur un reportage sur deux des nouveaux députés du NPD, soit Alexandrine Latendresse et Élaine Michaud, et apparemment les affaires pas trop correctes qui sont surgies sur elles. J’ai alors écrit ce texte, mais j’ai décidé de le laisser de côté de peur d’avoir l’air un peu, me disant qu’une telle nouvelle se ferait facilement oublier le lendemain… oh, que je souhaiterais vous dire que c’est ça qui s’est passé. Premièrement, j’applaudis la SRC pour sa rapidité à courir après le coq, et à le secouer jusqu’à sa mort. Deuxièmement, je trouve cette situation un peu absurde. Les médias sociaux ont rendu la politique plus accessible, oui, mais c’est parce qu’elle nous a révélés du monde plus proche, plus accessible que les grands politiciens d’Ottawa, de Québec, de n’importe où. Et bien sûr, le monde fait des erreurs. Ou des choses qui pourraient être vues de travers. Des choses qui nous rendent humaines, qui nous donnent notre identité. Si vous pensez que ces choses devraient être effacées sans hésitation, vous vivez sûrement dans une banlieue quelque part, vous allez travailler dans une tour à bureau chaque matin de semaine, vous vous en faites pour votre pelouse, vous regardez la télé chaque dimanche soir. Votre vie est organisée à l’avance, et selon vous c’est pour le mieux.

Chacun devrait assumer sa vie, c’est lorsque le monde cherche à cacher leurs faux pas pour bien paraître que tout sonne faux. Ce n’est pas d’un politicien que vous avez besoin, c’est d’un robot et euh… je ne pense que ce soit une bonne idée.

ARGH! M’A TOUTES LES NOYER!

Dites-moi quelque chose en échange: qu’est-ce que la vie sans surprise, sans véritable risque, aux 100 jours calculés? Je vais vous dire qu’est-ce que ça vaut: j’ai réussi à perdre un an de ma vie avec ça, et ça m’a pris un an de plus pour finalement m’en rendre compte. Prenez-ce blogue par exemple. Vous pourriez me dire que j’ai écrit des choses pas correctes à propos de beaucoup de choses, mais vous savez quoi? Je ne peux pas m’en enfuir, parce qu’à ce jour-ci à cette heure précise, c’est comme ça que je me sentais, et je l’assume complètement. «Les paroles s’envolent, les écrits restent»? Parfait, on parle trop souvent pour rien dire pendant que nos plaques d’immatriculation se foutent déjà pas mal de notre gueule.

Hier, je suis allé vérifier si le nom que je voulais mettre à un article avait déjà été pris; je suis tombé sur un texte que j’ai écrit le 23 août 2009, un été où j’ai presque écrit chaque jour. Je ne relis jamais mes anciens articles pour tout vous dire, je les laisse s’envoler tout bonnement. Je l’ai relu, et j’ai vu que ce texte était plus proche que j’aurais pu penser. Vous voyez mesdames et messieurs, je cherche la sincérité, c’est tout ce que je veux.

Et je ne veux plus écrire la politique; j’ai l’impression de pourrir de l’intérieur. C’est morbide.

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Le paradoxe

4 mai, 2011

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La peur, II

3 mai, 2011