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SUR LE RYTHME – Critique du film

14 août, 2011

Il y a une citation de l’épisode de Mystery Science Theater 3000 consacré au film Zombie Nightmare qui sera encrée dans ma tête jusqu’à ma mort: «This is either America ten years ago or Canada today.» Ce n’est pas parce que le film a justement été filmé à Sainte-Anne-de-Bellevue, mais parce qu’après avoir tout simplement tassé l’affirmation de côté du revers de la main, je me suis rendu compte de comment elle était fondée. Plusieurs Canadiens ont bel et bien une envie d’être comme leurs grands frères du sud, à travers des évènements culturels, politiques, et historiques. Et croyez-moi, on n’avait pas besoin de Stephen Harper pour faire tout ça.

Ce qui nous amène au film québécois sorti récemment Sur le rythme, film de danse avec le gagnant de So You Think You Can Dance Canada, Nico Archambault. Savez-vous qu’est-ce qui est sorti exactement cinq ans moins un jour plus tôt? …Step Up. Cela ne peut pas être une coïncidence! Et pourtant le film réussit à éviter plusieurs des pièges d’un tel projet.

C’est surtout grâce à la réalisation de Charles-Olivier Michaud. Charles-Olivier avait déjà reconnu un petit succès indépendant avec son film Snow & Ashes, qui sortira pour de bon en septembre dans les cinémas; ceci est son premier gros contrat de film québécois. Lorsque celui-ci se fait donner une bonne marge de manœuvre, le film délaisse les environnements et points de vue de culture hip-hop clean pour les chinatowns et taxis aux lumières extérieures étouffées. Quand on abandonne la musique rythmée, on tombe dans une bonne petite atmosphère de jeune adulte. Ainsi le film réussit à ne pas tomber dans les excès de fausses rues tout en ne devenant pas un regard lisse et incroyablement plate comme Nitro. Et c’est une excellente chose, car pour tout vous dire… la scène hip-hop québécoise est vraiment mauvaise.

C’est seulement au Québec que l’un des plus grands ambassadeurs de la scène se nommerait Sir Patetik.

Quand le film doit cependant revenir aux clichés pour continuer son «histoire», et que l’effet de la réalisation ne dure plus aussi longtemps, il devient assez ennuyeux. Probablement parce que pour un genre qui se base sur de nouvelles chorégraphies toujours de plus en plus impressionnantes, l’histoire est toujours restée la même routine vite oubliée. J’ai en ce moment de la difficulté à me souvenir de l’intrigue principale, alias Delphine (jouée par Mylène St-Sauveur) a la chance d’une vie pour les auditions d’un spectacle à New York mais les parents veulent qu’elle fasse l’université mais c’est sa passion alors- vous réalisez que je vous raconte ça à moitié endormi? Ce qui est intéressant ici ce sont les histoires à côté… d’accord elles ne sont pas si intéressantes non plus, mais elles méritent tout de même d’être mentionnés car c’est ici que les acteurs travaillent le plus.

Le point fort ici est surtout la chimie entre Mylène St-Sauver et France Castel, qui semble tellement contente de faire un nouveau film malgré la barrière d’âge. On sent vraiment la complicité dans ce qui est sûrement la relation la plus normale du film. La distribution comprend aussi Nico Archambault, ainsi que Marina Orsini et Paul Doucet dans le rôle des parents rigides, Orsini ayant aussi joué ce rôle dans À vos marques… Party!, écrit par la même scénariste Caroline Héroux. Les performances sont correctes seulement les personnages qu’ils jouent changent tellement rapidement d’émotion comme une balle de ping-pong change de côté. Ça sonne juste faux. Un des meilleurs exemples que j’ai trouvé sans tomber dans les spoilers (même si on va les ruiner, ne vous inquiétez pas) constitue la meilleure amie de Delphine qui ne peut pas faire l’audition parce qu’elle dit qu’elle ne peut pas danser devant du monde. Et elle vient juste d’y penser?! Pourquoi voulait-elle tellement faire ces auditions alors?

Bien sûr dans un film de danse comme Sur le rythme, les deux éléments que tout le monde attend d’une telle production sont des chorégraphies et de la musique entraînante. Malheureusement je ne suis pas la personne qui regarde So You Think You Can Dance chaque semaine, quoique pour moi les chorégraphies étaient assez bonnes. Ce que je peux vous dire sans hésitation est que la musique fait son boulot à travers le film, mais ne reste pas avec vous après, à l’exception de, bien sûr, une chanson. Non, ce n’est pas le single sorti pour le film nommé «One More Chance»; en fait je pourrais même vous dire que c’est la pire chanson du lot. Non en fait c’est la chanson qui se trouve justement dans la bande-annonce qui réussit à se démarquer le plus. Même le film le savait car celle-ci est utilisée deux fois plutôt qu’une, ce qui, pour un film qui compte autant sur la variété, est un peu déconcertant.

Cependant, la faute la plus surprenante que Sur le rythme fait, c’est que le film finit de façon baclée. Ce qui se passe, c’est qu’à l’audition finale à New York, le metteur en scène arrive et demande au groupe de faire sa propre chorégraphique mélangeant danse hip-hop et contemporaine (C’est quoi qu’ils veulent faire comme spectacle en fait?). Le groupe fait sa chorégraphie, et le type vient et dit à Delphine et à son partenaire qu’ils sont sélectionnés. Fin. …Non vraiment, c’est terminé, vous pouvez partir. À moins que vous vouliez voir d’autres danseurs pendant le générique, mais pour ce qui est de l’histoire, c’est fini. Je serais surpris si cette scène avait duré plus de cinq minutes! Non seulement cela, mais le film laisse tomber au moins trois relations de personnages très importantes sans leur donner une véritable conclusion. Ce ne devrait pas être compliqué: résolution, conclusion. Ce n’est pas comme si le film était trop long, nous n’avons même pas franchi le cap des 100 minutes, alors tout ce qui reste, c’est l’incompréhension.

La pensée qui me vient surtout en tête c’est: ça aurait pu être pire. D’un côté la réalisation et un peu de la chimie entre les acteurs sauvent un peu ce film, mais en même temps, j’ai encore le sentiment que celui-ci va être oublié quelque part, dans le grand bac du cinéma québécois de box-office. S’il y a quelque chose à espérer, c’est que la carrière de Charles-Olivier Michaud et de Mylène St-Sauveur décolle vers de nouveaux horizons. Espérons tout de même qu’un certain Frédérik d’Amours ne s’approche jamais d’un tel projet, parce que souvenez-vous mesdames et messieurs…

Ça aurait pu être pire.

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