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FRENCH IMMERSION – Critique du film

29 septembre, 2011

C’était mercredi soir, au Festival de Cinéma de la Ville de Québec. J’étais au Palais Montcalm. C’était mon sixième film au festival, et j’avais même vu In Film Nist plus tôt dans la journée. Le long-métrage ce soir-là était French Immersion; il y avait même Yves Jacques et Rita Lafontaine dans la rangée juste en arrière de moi! Le codirecteur est arrivé, suivi par le réalisateur. Après ça le film a commencé…

Puis soudain, le vide.

Je n’irai pas par quatre chemins: j’ai littéralement perdu conscience pendant 45 minutes. Oh mes yeux étaient ouverts, je comprenais ce qu’on disait, j’entendais le monde rire, mais j’étais devenu un corps inanimé, bouche bée devant la catastrophe que j’avais devant moi. Et j’utilise bel et bien le mot «catastrophe». Surtout que croyez-le ou non, quand j’ai entendu parler de l’idée la première fois, j’étais un peu optimiste, pensant à une petite comédie dramatique surtout des étrangers qui essayent de s’intégrer au Québec, tout en ayant des problèmes avec leurs familles et leurs croyances. J’imaginais même Pascale Bussières en Italienne.

Mais le rêve s’est écroulé le jour où j’ai vu la bande-annonce…

French Immersion est le premier film réalisé par Kevin Tierney, producteur de Bon Cop, Bad Cop et père de Jacob Tierney, réalisateur du film The Trotsky. C’est aussi un film qui touche un problème que j’avais quelque peu soulevé dans une critique auparavant, mais que je ne m’étais pas complètement attaqué: non, ce n’est pas la différence des cultures, c’est bien les films sur la différence des cultures, plus précisément ceux qui se cassait les dents là-dessus. Je pensais qu’après Bon Cop, Bad Cop, on n’aurait plus besoin de films comme ça. Je ne suis pas un fan de celui-ci, mais pour moi, on avait tout fait ce qu’on pouvait par rapport au sujet sans pour autant tomber dans l’aberrant. On pouvait passer à autre chose! Mais il semble bien que monsieur le producteur en a pensé autrement, et je suis allé voir le résultat malgré moi.

Après un certain temps, j’ai repris conscience. Les spectateurs riaient moins souvent à ce point du film si je me souviens bien. J’ai finalement pu me concentrer sur mon travail, et je me suis alors rendu compte qu’en fait, French Immersion est un film vraiment plate. Je ne me souviens pas d’avoir ri pendant toute la projection, la totalité des blagues étant surtout des petits coups d’épaule pour qu’on se souvienne que c’est un film canadien, avec du sirop d’érable, du hockey, et la totalité de la population qui tape sur les nerfs. Le reste des blagues venaient de clichés d’autres films qui n’étaient pas bons non plus. Par exemple, Laurence Leboeuf joue la vierge catholique qui caresse la jambe d’un new-yorkais juif pendant que sa famille fait une prière avant de manger. Et non, ce n’est toujours pas drôle ici.

Puis un autre choc a suivi peu de temps après: j’étais en train de rassembler toutes mes pensés quand j’ai découvert que ce film n’a pas d’histoire. Aucune. Vous pourriez peut-être me dire que c’est à propos de ces anglophones qui viennent dans un camp de francisation au centre du Québec pour apprendre le français (Oh boy, c’est là que j’ai perdu conscience), mais ceci n’est que la situation de départ. Quel est l’élément déclencheur? Non, s’il-vous-plaît, je vous en supplie, dites-moi le, bordel! La seule hypothèse que j’ai, c’est le candidat gai à la chefferie d’un parti fédéral, mais ce n’est pas comme si on s’intéressait à lui. Le problème est que le film a juste trop de personnages dans son- Fuck. Excusez-moi, j’ai dit qu’il y avait des personnages dans ce film. En fait, c’est surtout des stéréotypes, mais des stéréotypes ennuyeux auxquels nous n’apprenons absolument rien d’eux en l’espace de 90 minutes. Trop d’acteurs veut aussi dire qu’une grande partie d’eux s’en vont du récit comme ça, et ils reviennent de la même façon. Ce n’est pas qu’ils nous manquent ou quoi que ce soit, seulement, pourquoi nous les avoir montrés? Et surtout, pourquoi sont-ils sur l’affiche alors? Ce qui est plus triste, c’est que ce sera sûrement le dernier film québécois avec Karine Vanasse pendant un bon bout de temps, maintenant qu’elle a décroché un rôle dans la série américaine Pan-Am. J’aimerais vraiment dire d’autre chose sur les acteurs, mais ils n’ont absolument rien à faire ici.

Ah et j’étais mort aussi.

Mais bon, l’histoire. Ou ce qu’on pourrait considérer comme l’histoire. De quoi est-ce que je peux encore me rappeler? …Il y avait une scène de match de hockey dans le village, qui ne servait à rien, à part peut-être avancer le «conflit» à propos de l’école linguistique qui pourrait fermer, mais ça ne marche pas parce qu’honnêtement on se fout des «personnages» qui sont stupides et qui tapent sur les nerfs (mais au moins ils ne sont pas offensifs comme dans Le Bonheur de Pierre… normalement). Apparemment l’usine du village a fermé, mais on l’apprend seulement à dix minutes de la fin, et ils font juste nous le dire sans nous le montrer. Puis le film finit avec une danse indienne… Attendez, quoi?! Tabarnak, j’ai regardé Le Pick-Up avec «Cash City», remix Bollywood! En plus il y a un film canadien qui s’en vient à propos d’un indien qui fait du hockey?! Mais pourquoi?

Si je vous écris en ce moment, c’est parce que j’ai perdu deux heures de ma vie au Palais Montcalm regardant ce film. Deux heures qui se sont volatilisées et que je ne retrouverais jamais. Alors s’il-vous-plaît, je vous en supplie, n’allez pas le voir. Vous avez en encore le temps de faire la bonne décision, car le film sort en salle seulement dans une semaine. Peut-être que vous avez trouvé Bon Cop, Bad Cop bon pour vous, mais ne soyez pas pris au piège: French Immersion n’a pas d’histoire, n’a pas de personnages, n’a pas de rires qui resteront avec vous plus que cinq secondes. Ça ne mérite pas le trou dans votre mémoire. Et ça ne méritais surtout par un texte de 1000 mots.

Le pire c’est que je m’étais juré de faire une version anglaise de cette critique pour avertir nos amis canadiens-anglais. Quoi faire…

Abridged English version:

Ok so French Immersion is about those guys who go to camps in Quebec to learn French, and it’s really fucking boring. All of the characters are either annoying, or not in this movie, because they just drop in and drop out as they wish. It’s not funny. The worst part about it is that there is no plot, and I mean NO PLOT, so when it reaches its “climax”, you just couldn’t give less of a shit. There’s also a Bollywood dance sequence at the very end that serves no purpose and is just amazingly stupid. This was 101 words.

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