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LE RÈGNE DE LA BEAUTÉ – Critique du film

20 mai, 2014

Le déclin de l’empire américain de Denys Arcand a eu un grand impact sur le paysage cinématographique québécois lors de sa sortie en 1986; non seulement cette histoire de baby-boomers professeurs à l’Université de Montréal racontant leurs ébats sexuels parsemés de références à l’histoire de notre civilisation a eu l’effet d’une bombe sur les amateurs de cinéma de la province, en influençant plus d’un, il lui a aussi valu plusieurs prix à l’international, allant même jusqu’à une nomination pour l’Oscar du Meilleur film étranger. C’est sûrement un des films québécois les plus importants des années 80, peut-être même du XXe siècle.

Malheureusement, dans les années qui ont suivi, le destin a réservé un héritage beaucoup plus sinistre à ce film. Comme une autre critique de la société québécoise des années 80 qui a considérablement raté sa cible, soit Elvis Gratton de Pierre Falardeau, Le déclin de l’empire américain n’a pas vraiment réussi à critiquer le comportement de ses personnages; il l’a validé aux yeux du public. Il est difficile de savoir si c’était dans ses plans initiaux ou non, mais les baby-boomers québécois, voyant ces personnages attachants d’intellectuels qui connaissent beaucoup, mais choisissent de ne rien faire, ont vu une approbation de leur détachement, de cette stagnation nostalgique et anecdotique dans laquelle la société québécoise baigne depuis.

Maintenant, il serait vraiment injuste de blâmer Denys Arcand pour tout ça; après tout, il a réalisé les documentaires On est au coton et Le confort et l’indifférence – le dernier ayant littéralement brisé son esprit par rapport à la politique, et la suite du DéclinLes invasions barbares, mettant en vedette les mêmes personnages principaux, maintenant confrontés à la mortalité et à la pensée qu’ils vont tout simplement disparaître sans avoir accompli grand-chose, est un très bon film. Les années 80 étaient pas mal horribles pour tout le monde de toute façon. Cependant, que vous le vouliez ou non, nous vivons dans un monde post-Déclin. Mais les jeunes reviennent de l’arrière; le cinéma québécois a profondément changé dans les cinq dernières années, avec de nouveaux talents et de nouvelles perceptions du monde. Même en mettant de côté sa liste des prétendus « meilleurs réalisateurs québécois du moment », l’arrivée de Xavier Dolan, Denis Côté, Stéphane Lafleur, Sébastien Pilote, Anne Émond et bien d’autres a chamboulé le paysage du cinéma québécois, plus proches d’une nouvelle génération de cinéphiles. C’est ainsi que Denys Arcand a voulu laisser un nouveau commentaire, un message à cette jeunesse québécoise dans la trentaine. Malheureusement, Le règne de la beauté s’avère être un film sans vie et sans véritable repère, une œuvre en profond décalage avec elle-même.

À lire sur le Quatre Trois.

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