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LA PETITE REINE – Critique du film

8 juillet, 2014

Mesdames et messieurs, bienvenue à cette nouvelle édition de la saison des blockbusters québécois! Oui, mesdames et messieurs, comme chaque été, année après année, nous avons droit à trois films québécois grand public, trois films à grand potentiel commercial en espérant du fond du cœur que Vincent Guzzo va un jour se la fermer : un drame biographique, un film d’action et une comédie. Et comme tant d’années auparavant, nous commençons cette saison avec un drame inspiré de faits réels : La Petite Reine. Maintenant, j’ai déjà abordé les problèmes et les stigmates de la dépendance du public québécois aux histoires vraies dans un texte l’été dernier, alors je ne vais pas me répéter. Cependant, il y a un élément narratif très important absent de Louis Cyr et qui revient en force dans notre sujet d’aujourd’hui : victimisation! Oh mon dieu que ma vie est dure et horrible, et je ne parle pas de la vingtaine d’itinérants que j’ai croisés en prenant le métro ce matin, ou de toutes ces femmes autochtones qui sont enlevées et probablement tuées dans leurs réserves, ou de notre environnement qui est traité avec la plus grande apathie; mon bus est arrivé cinq minutes en retard ce matin! …Je suis quand même arrivé à temps au travail, mais j’étais vraiment stressé pendant deux minutes!

Bon, écoutez, ce n’est pas un secret que l’idée de la victime de circonstance est un des mythes fondateurs de notre province, abandonnée par les Français et encerclée par les Anglais. C’est une obsession qui nous suit dans notre cinéma depuis La Petite Aurore, l’enfant martyre, et qui va probablement être avec nous jusqu’à ce que nous soyons tous morts. C’est un mythe qui peut être très dangereux, non seulement parce qu’il entretient une vision défaitiste que nous ne pouvons rien faire, mais aussi parce que l’application de ce concept de victimisation tend à révoquer notre responsabilité dans cette problématique, même lorsque nous sommes à blâmer dans plusieurs domaines (la pauvreté, les réserves autochtones, l’environnement). Alors tout ce qu’on peut souhaiter pour ce nouveau film, c’est de ne pas tomber dans les puits sans fond du genre qu’il a choisi. Malheureusement pour nous, La Petite Reine n’est pas le mauvais film que l’on redoutait; c’est pire. Bien, bien pire.

À lire sur le Quatre Trois.

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