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MOMMY – Critique du film

26 septembre, 2014

Quand on parle du cinéma, de l’œuvre générale de Xavier Dolan, on se classe la plupart du temps dans deux catégories distinctes. Et non, on ne parle pas de camps pro ou anti-Dolan, un débat qui manque de profondeur et qui déborde inévitablement sur le reste de la production québécoise. Non, la question qui divise le public de Xavier Dolan est à savoir quelle est leur période préférée du réalisateur. Est-ce qu’on va vers J’ai tué ma mère et Les Amours imaginaires, deux films jeunes et imparfaits, mais criants de volonté, ou est-ce qu’on est plus du côté de Laurence Anyways et de Tom à la ferme, des films qui témoignent d’une « maturité » du cinéaste même s’ils ne sont pas à l’abri de certains dérapages d’une vision encore un peu juvénile. Là est la vraie question, et c’est une réflexion qui n’a pas de réponse définitive, qui n’a pas nécessairement de mauvaise réponse – quoique j’avoue que ça va me prendre un peu plus d’explications convaincantes pour Les Amours imaginaires, j’en ai bien peur. Moi? Je vais devoir aller contre le mot de mon rédacteur en chef et vous dire que de ses quatre premiers efforts, J’ai tué ma mère est encore le meilleur. Oui, c’est vrai, celui-ci a tous les défauts typiques d’une première œuvre, mais il a surtout toutes les qualités, dont une spontanéité qui pouvait seulement se produire dans un élan de créativité impromptu et sans filtre. On peut très bien reprocher au personnage principal son caractère pompeux, superflu et égocentrique, mais tout ça rajoute à la subjectivité et l’imperfection du témoignage de Dolan, et rapporte à un véritable jugement de spectateur sur les personnages de la mère et du fils; même les craques dans la façade sont intéressantes. C’est une œuvre brute, et quand le réalisateur se rapproche un peu plus d’une vision d’ensemble de la société dans Laurence Anyways… c’est là que les raccourcis de sa pensée devenaient plus durs à avaler. Enfin, pourquoi cette longue introduction? Eh bien parce que depuis longtemps on a attendu une œuvre de Dolan qui pourrait faire le pont entre ces deux époques, un mélange entre tous ses thèmes et procédés techniques, débarrassé de son surplus; un film juste, complet. Et il me fait un grand plaisir – surtout après cet été rigoureux – de vous dire que Mommy, son petit dernier, est ce mélange réussi entre les deux visions, l’aboutissement d’un chemin emprunté il y a déjà cinq ans. Ce n’est peut-être pas une révolution, mais c’est bel et bien le perfectionnement d’une vision artistique.

À lire sur le Quatre Trois.

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