Archive for the ‘01 – Travaux scolaires’ Category

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La brisure

11 février, 2013

La brisure

Je marche dans la tempête
Il fait trop beau dehors
Je m’enfonce devant les bonheurs d’avant l’aube
Devant le soleil qui brûle ma peau
Et j’oublie de fermer la porte derrière moi
Pendant que le vent amène ses cendres de givres
Dans vos consciences ô si bien barrées
Derrière ce regard, je suis l’homme invisible
Je suis l’homme inexistant

La brisure balaye mes larmes tout au long de mon urne
Il connaît la cristallisation des miens
Et je vois les chemins tracés par le sang de nos idoles
Vous ne le voyez peut-être pas, mais il est là
Dans les plaines de poteaux de téléphones, je n’écris que moi-même
Je n’écris que des lettres que tu ne liras jamais à la deuxième personne
Je cris seulement quand je suis seul avec toi, sans toi
Sans personne d’autre
Il y a des gouffres qui se créent dans mon dos
La neige de réussit jamais à les couvrir
Pourquoi me suivez-vous bon sang?

Je touche tes mains, elles sont encore froides
Des fois je me dis qu’on n’aurait jamais dû se rencontrer
Les fragments de mes idéaux sont éparpillés
Sous un arbre d’automne où les feuilles sont toujours visibles
Le ciel des métropoles commence à tomber sur nos maisons
À se coincer dans les branches d’une forêt brûlante
Tu es partie dans ce sentier hier, celui que je t’ai montré
J’essaye de retrouver ton corps glacé par la lumière
J’ai déjà marché trop loin dans les images secondes
Je dormirai contre le néant des jours futurs

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A.M.

6 février, 2013

A.M.

Le monde dans lequel je vis va continuer de tourner sans moi
Alors pourquoi en ferais-je partie?
Si j’avais une voix je chanterais des chansons joyeuses à vos côtés
Mais ma silhouette est un trou noir pour les maisons de vitre
Ces mots ne sont pas les miens
Ces airs je les ai pris au fond d’un puits glacé en avril
Ceci est un concert pour les amputés d’une guerre endormie
Car nous ne trouvons plus notre sang dans nos mouchoirs souillés

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Toute la mémoire du monde

30 décembre, 2012

Toute la mémoire du monde

Ce soir j’ai reçu la visite du fantôme que nous fuyons tous
Il a pris sa bière et il est parti

Les gens disent toujours les mêmes choses
Ils répètent leurs bibles culturelles
À l’unisson, complètement isolés
Le monde n’est pas différent, il disparaît à l’intérieur de soi-même
À travers des arcs dégoulinant les labeurs

Les gens disent jamais les mêmes choses
Leurs voix s’imbriquent une par-dessus l’autre
Et je ne peux rien comprendre de nos consolations
Que nous avons monté comme des grands
La vérité est un concept qui n’existe que dans mes fabulations

Ce soir j’ai reçu la visite du fantôme que nous sommes tous
J’ai pris ma médication et je suis parti

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Dose

27 décembre, 2012

Dose

Il y a une drogue dans ma tête
Qui pousse plus profondément que j’aurais imaginé
Qui brûle mes mains comme du kérosène
Les jours deviennent longs dans l’attente du bourreau
Avec mes yeux collés sur le téléviseur
Pour que le numérique m’absorbe dans sa trop courte vie

Les enfants sont heureux devant leurs débris
Leurs brasiers étalant les désintégrations
Mais je ne pourrais jamais contrôler mes doses
Mes rechutes qui s’écrasent en lignes quadrillées
Dans mes veines rouillées d’essence
Pour le grand plaisir de l’assistance et de vous, jeunes gens

Parce que nos destructions sont à heures de grande écoute
Nous ne verrons jamais rien
Et j’haïrais toujours les anges qui m’ont damné
Ta silhouette restera inatteignable pour mes doigts mutilés
La slush inonde ta peau un peu plus
Mais qu’est-ce que tu manges pour être malade de même?

Et j’apprends que tu commences à prendre des pilules
Et j’apprends que tes amis commencent à prendre des pilules
Et j’apprends que j’en prendrai encore pour un an
En larmes derrière les portes aimantées
Car je sais enfin pourquoi mes pieds touchent encore le sol
C’est 50 mg le matin, 50 mg le soir

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Quarantaine

23 décembre, 2012

Écriture automatique.

Quarantaine

Des fois je m’imagine
Un monde où je n’existe pas
Car je suis sûr qu’il en deviendra un meilleur
Je recommence mes maux à chaque jour
La page blanche continue m’attrape
Elle m’empoisonne le ventre plein
De cassettes VHS broyées dans la salive
J’ai épuisé tous les putains de stylo que j’ai trouvé
Et pourtant je n’ai rien écrit
À travers des lettres qui braillent en même temps que moi
Tu me bouffes, constamment
Pour ensuite vomir dans la cuvette
Je peux seulement retranscrire ma peine crachée sur le sable
Quand personne ne regarde dans le vide

Des fois je me dis que je vous ai contaminé
Que j’ai crevé vos sourires dégonflés
Au nom de concepts abstraits littéraires et latéraux
Souhaitez le statu quo, mes chers
Au moins vous serez le seul à souffrir
Et vous n’interromprez pas un party de famille en pissant sur le plancher
Tu es le démon en moi, devant mes paraboles
Et nos parents nous demandent, juchés sur nos épaules
Si nous sommes heureux dans nos défaites organisées
Comme ils sont emballés comme les cadeaux piégés
Ma chambre est plus froide que la neige dehors
Je m’interdis de penser à vous
Les pertes resteront invisibles sous mes pieds

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Daniel Johnston

1 novembre, 2012

Daniel Johnston

Alors c’est comme ça que ça se termine?
Il y a quelques mois nous étions encore des enfants
Des enfoirés heureux devant la foire des cent langues
Des sans-abris devant l’apocalypse nucléaire
On était à la télé des vandales, des vents violents
Mais nos pixels traversaient les rues
Nous étions confiants dans la colère
Nous étions peut-être même amoureux
Jusqu’à se coucher les dents rougeâtres
Devant le brasier de centaines de briques solidaires

Et puis mononcle s’est réveillé en robe de chambre
Et puis le monde s’est rendormi par après
Les jeunes recommencent à tirer des fusils en plastique
Mais c’est nous qui mourrons, petit à petit
En enfonçant nos plumes plus profondément dans nos gorges
Je voudrais croire que je suis le seul à être abattu
Mais je me tiens au-dessus de tous les cadavres
De camarades sur les feux de la scène politique
Et les projecteurs attendent un dernier projectile
Tu es triste, tu es misérable
Tu le caches très bien sous tes paumes
Sous la nuit d’une lune s’écrasant sur nous

S’il y a quelque chose que je regrette, c’est de ne pas avoir été là
Quand on a crevé les yeux de nos consciences futures
J’aurai voulu pleurer avec toi devant les nouvelles et dernières heures
J’aurai voulu voir nos corps se désintégrer paisiblement
Pendant que les feuilles mortes à la chaine
Nous enfouissent au milieu du chemin
Mais nos vies sont séparées par des milliers de rues recyclées
Que nos faux ancêtres ont construit pour nous, juste pour nous

Je ne sais plus où nous vivons, je ne veux plus le savoir
Peut-être parce que personne ne veut de moi dans leurs plantes bandes
Ils sortent toujours sur les planches avec des shotguns
En fait, je vis entre les vies, entre les murs et les êtres
Et nous vivons dans l’envers du décor universel
Qui s’effondre sur nous comme un théâtre absurde
Oui c’est vrai, Dieu vient de la machine
Dieu vient de faire une chute mortelle dans un stationnement de centre d’achat
Les sacs de plastique ont commencé leur migration
Et les plus longues minutes de nos vies s’ouvrent à nous

Je ne peux plus voir loin dans le futur des journaux
Ils nous ont crissé là sur le bord des larmes
Nous avons barricadé toutes les radios de la maison
Les gouttes nous frappent encore comme des millions de fractures
Ces gouttes, elles me réveillent comme une foule imaginaire
Qui parcoure les ondes de minuit au fond de mon crâne
Ces yeux ont des blessures profondes
Elles transpercent mes os comme de l’acide sur mesure
Alors on boit, on fume pour étouffer ces questions trop honnêtes
On noie nos vulnérabilités qui se débattent dans la salle de bain
Comme un hara-kiri dans un ventre de papier mâché
Tu es triste, tu es misérable
Tu le cache très bien sous ton corps nu
Mais je ne peux que m’effondrer pour pleurer sur ton sexe

Je voulais croire que j’étais le seul à être abattu
Je suis sur la scène, ton sang rejoint mes pieds
Je regarde le grand public endormi devant leurs conclusions quotidiennes
Et je sais que le rideau tombera dans ma chute
Où suis-je? Que voulez-vous de moi?
Je ne connais plus la réalité de masse
Papa et maman ne m’ont jamais vraiment aimé
Ils ont oublié comment sur le chemin de retour
Je tiens le révolver de nos anciennes révolutions
Et j’entends les fleurs de lys se détacher d’elles-mêmes
Elles continueront de flotter dans le printemps
Elles continueront de flotter avec nous

Allons, Vincent, qui es-tu?
Il faudrait qu’on le sache
Avant que tu t’en ailles

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Lendemains

21 mai, 2012

Je suis désolé maman, je ne dors plus
Je me réveille maintenant au milieu d’une neige grise et verte
Et tous les autres rêvent encore dans leurs lits doubles
Et tous les enfants sont morts depuis longtemps

J’ai appris que toutes les connaissances que j’ai eues
Tout le monde que j’ai construit en différé
Se sont toutes écroulées derrière moi
Nous n’avons jamais été un peuple gagnant
Nous avons perdu toutes nos batailles le sourire aux lèvres
Pleines de sang et d’héros fait sur mesure
Et je vomis à chaque mois en cet honneur
Et les cendres de ma chambre s’élèvent à chaque mouvement

J’ai appris que nos idoles meurent une par une
Que ces familles idéales chéries se déchirent
Et qu’on essaye de recoller les pièces à distance
D’un horizon de lumière qui nous rattrape à chaque rotation
J’ai appris que nous avons tué notre démocratie
Que nous l’avons euthanasiée à côté de ma chatte
Et j’essaye encore de pleurer sur son cadavre
J’essaye de tout mon sale cœur
Mais je ne pleure plus, maman
Je vis à côté de chaque partie de mon corps
Je me regarde déambuler les jambes cassées

Je n’écris plus à travers la réalité
Je ne sais plus quoi dire à l’ignorance
Je ne sais plus quoi dessiner aux aveugles
Je ne sais plus quoi faire de ma tête éclatée sur la chaussée

On dit qu’il y a des monstres qui vivent sous mon lit
Ils sont sûrement moins pires que nous