Archive for the ‘05 – Tranches’ Category

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Requiem pour une pute

24 septembre, 2011

Nelly Arcan
1973-2009

Et si vous voulez savoir, ma sœur traîne encore «Folle» chez nous. Elle ne le lit pas. Elle voulait sûrement avoir l’air.

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Papier peint

9 juillet, 2011

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Les étincelles restantes

28 mai, 2011

Gil Scott-Heron
1949-2011

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Les chemins de verre

27 novembre, 2010

Il n’y a pas si longtemps, je trouvais une certaine intimité sur l’autoroute, aux petites heures du matin ou bien dans les mois de décembre, où la nuit tombe à 17 heures. Ces périodes devenaient très solennelles, calmes, magiques je dirais même. Dans ces temps, je m’assoyais en avant complètement de l’autobus pour être témoin de marque des lampadaires, des lumières étoilées des autoroutes et des voitures. C’est un sentiment de beauté impeccable, où l’absence de lumière de mon côté faisait ressortir toute l’élégance de la simplicité. C’était un moment intime avec des douzaines d’autres élèves dans mon dos, aucun duquel m’importait.

Puis, quand venu les matins de sept heures, dans un taxi gris roulait sur l’horizon blanc j’écoutais surtout Teen Dream de Beach House jusqu’à trouver que j’exagérais. On aurait pu dire que la pénombre était blême, mais je me souviens très bien que cette musique montrait la route comme un trou blanc, en attente d’un jour meilleur au froid. Bien sûr, j’étais peut-être coincé avec un type qui jouait le même effet sonore à travers un haut-parleur de Nintendo DS, mais je trouvais toujours le moyen de me perdre dans le banc de neige sur le banc d’auto.

Et aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe? Eh bien, je vous dirais sans surprise que les autobus du RTC n’ont pas le même effet, avec les publicités éclairées produisant ma pollution lumineuse à moi, moi seulement. Je suis peut-être le seul à trouver de la beauté dans cette petite chose de la vie, la neige reflétant les lampes. Et encore là, je n’ai peut-être plus le temps, même dans l’attente, pour savourer ces moments ou la musique elle-même.

Ou peut-être qu’écrire dans ma chambre, écran seule source de lumière, m’aidera sur ce point.

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Saison morte

24 octobre, 2010

Que l’on écrive dans les livres d’histoire, de psychologie, que l’automne est sans aucun doute la pire saison sur laquelle déprimer.

Cette période de l’année m’avait ravagé un an auparavant, et cette année non seulement la prescription est plus grande, mais l’on doit y ajouter un médicament pour la peau qui tombe sur les nerfs en secondes. On m’a dit que ça s’était amélioré, mais j’ai d’autre chose à faire que prendre note de ma face au fur et à mesure. Voici le problème de cette saison; vous pouvez dire n’importe quoi, n’importe quoi au fait que les couleurs sont variées, que certain trouvent cette saison romantique, que l’on trouve tout plein de sorties de jeu pour Noël, rien ne change le fait que vous vous promenez dans un paysage mort, qui attends patiemment sa belle fin. Rien ne change au fait que le ciel est d’un blanc morbide, un blanc qui cache les soleils d’au-delà qui nous donnait tellement d’espoir il y a plus tôt. C’est un point mort entre un soleil chaud et une nuit calme.

Et vous savez qu’est-ce qui est le pire? C’est que vous n’y pouvez rien, absolument rien et que tout le monde autour de vous voient cela normalement. Parce que c’est normal en fait, vous avez vécu ce moment plusieurs fois il n’y a pas si longtemps, et pourtant cette perception est blasée aujourd’hui. On ne peut blâmer personne.

C’est ainsi qu’il ne me reste qu’onze jours d’Accutane. Patience, patience.

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Les invasions barbares

28 août, 2010

Je me souviens quand Obama a été élu président il y a presque deux ans. Pas de ce que j’étais en train de faire précisément ce soir-là, mais je me souviens du vent de renouveau et le relâchement qu’on a vécu. Souvenez-vous, on est passé à travers huit ans de George W. Bush et on pensait que maintenant qu’ils avaient élu le premier président noir des États-Unis, ils auraient pris conscience de toutes leurs erreurs et ils commenceraient à se reconstruire… on a leur a donné un peu trop de crédit.

Je n’ai aussi jamais compris pourquoi il y a du monde qui, en si peu de temps, ont décidé de se retourner contre ce gouvernement aussi vite. Je ne parle pas des Américains je parle surtout de – je déteste revenir sur le sujet – le lip-dub de mes anciens collègues au secondaire, parce que si vous commencez à crier sur Obama et comment il n’est pas capable de changer les choses finalement, vous ne comprenez pas entièrement l’ampleur du problème (quoi que ce n’est qu’un seul des problèmes que le vidéo avait, soyez certains). En fait, si l’élection d’Obama nous a appris quelque chose, c’est comment ce pays était rendu brisé, perdu, et aussi divisé. Pour moi, les États-Unis ne sont unis, loin de là. Et s’il n’est pas américain au bout du compte, c’est une excellente chose parce que ça veut dire qu’on ne peut plus les laisser à diriger leur pays tout seul, sans que tout commence à foirer.

Enfin, si je vous écris aujourd’hui, c’est grâce à la manifestation du Tea Party aujourd’hui. J’ai découvert ce groupe lorsque j’étais à l’hôpital de jour – oh l’ironie! – et honnêtement, c’était le signe, le signe que le rêve américain était mort. C’est le comble de toutes les années d’échec que les États-Unis ont eu, des idées conservatrices désinformées; du monde qui pense encore qu’ils sont encore au-dessus du monde entier. Dire que les États-Unis sont le pays le plus puissant au monde aujourd’hui est une véritable «joke». Quand t’as plus besoin d’Al-Qaïda pour détruire ton propre pays, t’as un sérieux problème.

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Le Purgatoire

18 août, 2010

Aujourd’hui je vais vous apporter un moment à l’endroit où je travaille; ne vous inquiétez pas, on ne parlera pas de job aujourd’hui. J’ai juste besoin de ça pour vous situer. Bon, nous sommes sur le Boulevard Wilfrid-Hamel, et juste en face à gauche il y a une rue qui s’appelle la rue Claude-Jutras qui passe juste en arrière des cinémas – ironique quand même; on met une rue au nom d’un des plus grands cinéastes québécois caché derrière un Cinéplex Odéon. Si vous continuez dans le même sens vous trouverez un Dollarama, un ancien cinéma, un Sears qui ne décollera jamais, un Wal-Mart toujours remplis et puis finalement un EB Games tout au fond. Ça justifie la grande marche. La raison pourquoi je vous parle de cela, c’est que depuis que j’ai pris mon boulot, je vois l’autoroute Duplessis comme mon véritable Purgatoire, à moi tout seul, et je ne vous ai toujours pas parlé de l’autre bord de l’autoroute.

La raison pourquoi cet endroit m’emporte autant, aussi banal que les magasins ont l’air, ça remonte personnellement à deux ans auparavant. Qu’est-ce qu’il s’est passé il y a deux ans? J’étais un enfant stupide. D’accord, j’étais un blogueur stupide, si on considère l’âge. Je me souviens qu’à chaque vendredi de l’été, j’allais prendre ma journée dans ces stationnements. J’achetais le matin et j’allais au cinéma après-midi. Je considérais ça comme une bonne marche, comme on dit, et aussi déprimant qu’étais le Wal-Mart, c’était la seule option pour aller chercher autre-chose qu’un jeu ou de la nourriture.

Comme j’ai dit, j’étais un blogueur stupide. Maintenant allons voir comment ça va aujourd’hui; bon, et bien, le champ de construction est devenu un immeuble de décoration encore plus inutile, le Sears ne pogne toujours pas – sauf que, pour une raison ou une autre, ça me saute plus aux yeux – le Wal-Mart est devenu emmerdant désormais, comme étant un fabuleux exemple de «Tout ce qui peux aller mal, et ira mal, dans le capitalisme», et finalement, on a une année de merde au cinéma.

Tous ces éléments ont l’air ordinaires tout seuls, après tout c’est un problème personnel, mais imaginez que j’aille marcher le grand kilomètre de stationnement, de rêves perdus qui ne vont jamais être retrouvés. Imaginez les grandes erreurs de la naïveté du débutant, étalée sur une distance gigantesque. Et imaginez que la rançon d’une telle marche est une simple pensée qu’on a hâte de revenir chez nous avec un jeu entre les mains. Si je veux me sentir aussi pathétique dans mes vieilles années, ne cherchez plus. Ben, au moins il n’y a pas vraiment de chance de trouver un sans-abri sur les lieux, en train de manger du Quiznos avec des tics nerveux… ah merde, j’en ai vu un, un après-midi. Ça va prendre du temps à oublier, je crains.