h1

Kentucky Route Zero

31 octobre, 2014

KentuckyBomb

h1

I Have No Mouth, and I Must Scream

4 octobre, 2014

IHaveNoBomb

h1

2 TEMPS 3 MOUVEMENTS – Critique du film

4 octobre, 2014

Une des dimensions les plus intéressantes exploitées dans Nuit #1 d’Anne Émond, un film imparfait, mais tout de même important de notre cinématographie des dernières années, est le caractère international du malaise de ses personnages. D’un côté, nous avons Catherine de Léan qui incarne une enseignante stagiaire rêveuse qui veut inspirer ses élèves, mais ne peut s’empêcher de tomber dans la déchéance et l’excès, mais nous avons aussi le personnage de Dimitri Storoge, un homme d’origine étrangère, coupé de la culture de son ancien pays et de son nouveau, créatif, mais habité par un grave cynisme et défaitisme qui le paralyse chaque jour. Si cela n’a a priori aucune importance en dehors du cadre psychologique des personnages, l’inclusion de ce deuxième personnage est en fait une ouverture sur le questionnement qui touche toute la jeunesse de notre époque. On aime croire que notre génération grandit et souffre seule à l’intérieur de notre province, mais il s’agit d’un sentiment généralisé qui touche tous les jeunes de la planète en même temps que nous; le sentiment de contestation du printemps érable se trouvant aussi dans les jeunes manifestants des pays arabes et des pays touchés par les mesures d’austérité plus tôt cette année-là, ainsi que la déception envers le retour prononcé du statu quo englobant finalement toute la planète. Nous ne sommes pas seuls dans ce trou, il ne faut pas l’oublier. Cette vision de l’autre a ainsi servi de point de départ pour le film 2 temps 3 mouvements du français Christophe Cousin, qui a tourné au Québec l’histoire d’un jeune immigré déconnecté des gens qui l’entourent, mais qui devient témoin du suicide d’un jeune de son âge sur le toit de sa nouvelle école. C’est une histoire que certains pourraient dire avoir déjà entendue, et pourtant, 2 temps 3 mouvements va plus loin qu’une simple et triste constatation grâce à l’ingéniosité de son regard.

À lire sur le Quatre Trois.

h1

QU’EST-CE QU’ON FAIT ICI? – Critique du film

4 octobre, 2014

« Est-ce que ça va plaire aux madames de 53 ans? » Lors du dévoilement du gagnant du Prix Collégial du Cinéma Québécois plus tôt cette année, un des conférenciers sur place a apporté cette question fréquemment posée aux cinéastes québécois, un signe du vieillissement de la population qui, inévitablement, déborde sur les choix et intérêts de la société québécoise. Cependant, il ne faut pas ignorer que l’on voit aussi depuis quelques années un virage, ou un nouvel intérêt envers la jeunesse à travers les nouveaux talents, un virage qui devrait se traduire par un renouvellement du public québécois et donc par une rentabilité continue – parce que désolé, mais ces madames ne vont pas rester avec nous pour l’éternité. Cette nouvelle vision peut se traduire en d’excellents témoignages de notre génération, des films comme J’ai tué ma mère, À l’ouest de Pluton, Nuit #1, Tu dors Nicole, Tout est parfait et Jo pour Jonathan pour n’en nommer quelque uns… mais des fois ça ne marche pas. Des fois on se retrouve avec des films comme 1987, un film qui se prétend jeune même si son âme est fermement plantée dans la quarantaine, ou si on a encore moins de chance, on peut se retrouver avec un Chasse au Godard d’Abbittibbi, un film hipster-typique qui s’écroule complètement sous le poids de son message politique très mal réfléchi et même un peu insultant par sa naïveté agressive. Aujourd’hui voit la sortie d’un autre film dans cette longue lignée, Qu’est-ce qu’on fait ici? de Julie Hivon, et, en parallèle au titre du film, ce serait un très bon moment pour se poser une autre question importante : qu’est-ce que la jeunesse? Quels sont ses intérêts, ses rêves, ses peurs? Comment bougent-elle, comment parlent-elle? Qu’attend-elle du monde qui l’entoure? Que veut-elle nous dire? Comment vie-t-elle sa vie et à quoi elle pense? Ce sont d’excellentes questions à se poser soi-même, parce que ce n’est pas comme si Qu’est-ce qu’on fait ici? avait une réponse!

À lire sur le Quatre Trois.

h1

MOMMY – Critique du film

26 septembre, 2014

Quand on parle du cinéma, de l’œuvre générale de Xavier Dolan, on se classe la plupart du temps dans deux catégories distinctes. Et non, on ne parle pas de camps pro ou anti-Dolan, un débat qui manque de profondeur et qui déborde inévitablement sur le reste de la production québécoise. Non, la question qui divise le public de Xavier Dolan est à savoir quelle est leur période préférée du réalisateur. Est-ce qu’on va vers J’ai tué ma mère et Les Amours imaginaires, deux films jeunes et imparfaits, mais criants de volonté, ou est-ce qu’on est plus du côté de Laurence Anyways et de Tom à la ferme, des films qui témoignent d’une « maturité » du cinéaste même s’ils ne sont pas à l’abri de certains dérapages d’une vision encore un peu juvénile. Là est la vraie question, et c’est une réflexion qui n’a pas de réponse définitive, qui n’a pas nécessairement de mauvaise réponse – quoique j’avoue que ça va me prendre un peu plus d’explications convaincantes pour Les Amours imaginaires, j’en ai bien peur. Moi? Je vais devoir aller contre le mot de mon rédacteur en chef et vous dire que de ses quatre premiers efforts, J’ai tué ma mère est encore le meilleur. Oui, c’est vrai, celui-ci a tous les défauts typiques d’une première œuvre, mais il a surtout toutes les qualités, dont une spontanéité qui pouvait seulement se produire dans un élan de créativité impromptu et sans filtre. On peut très bien reprocher au personnage principal son caractère pompeux, superflu et égocentrique, mais tout ça rajoute à la subjectivité et l’imperfection du témoignage de Dolan, et rapporte à un véritable jugement de spectateur sur les personnages de la mère et du fils; même les craques dans la façade sont intéressantes. C’est une œuvre brute, et quand le réalisateur se rapproche un peu plus d’une vision d’ensemble de la société dans Laurence Anyways… c’est là que les raccourcis de sa pensée devenaient plus durs à avaler. Enfin, pourquoi cette longue introduction? Eh bien parce que depuis longtemps on a attendu une œuvre de Dolan qui pourrait faire le pont entre ces deux époques, un mélange entre tous ses thèmes et procédés techniques, débarrassé de son surplus; un film juste, complet. Et il me fait un grand plaisir – surtout après cet été rigoureux – de vous dire que Mommy, son petit dernier, est ce mélange réussi entre les deux visions, l’aboutissement d’un chemin emprunté il y a déjà cinq ans. Ce n’est peut-être pas une révolution, mais c’est bel et bien le perfectionnement d’une vision artistique.

À lire sur le Quatre Trois.

h1

Dear Esther – Pochette complète

24 septembre, 2014

DearEstherFront

DearEstherMiddle

DearEstherBack

DearEstherComplete.jpg (1600×1074)

h1

TU DORS NICOLE – Critique du film

14 septembre, 2014

Au cours des derniers mois, nous avons abordé la certaine apathie du cinéma d’été, autant à travers les commandes hollywoodiennes et québécoises, mais il existe une autre raison plus personnelle pour détester la saison estivale, et c’est que c’était la saison précise où je ne foutais absolument rien pendant des années. Je suis un enfant des banlieues, plus précisément de St-Augustin-de-Desmaures, et si le reste de l’année nous tenait occupés à travers les nombreux jours d’école, l’été nous laissait à nos propres moyens – encore plus si vous ne faisiez pas partie d’un camp de jour, que j’ai toujours détesté. On ne fait rien, on s’ennuie, puis on se dit qu’on devrait lâcher l’ordinateur ou les jeux vidéo et sortir dehors, pour revenir 30 minutes plus tard, frustré de vivre dans un endroit où tout ce qu’il y a à faire, c’est de flâner dans les centres commerciaux à l’entour. Ce n’est pas une expérience qui se limite à une seule personne, au contraire, ce phénomène a même inspiré Stéphane Lafleur pour son nouveau film. Je dois avouer que Lafleur a toujours été un réalisateur qui m’a interpelé, non seulement à cause du lieu très familier, mais surtout par son regard sur la solitude quotidienne qui m’a tant atteint dans Continental : Un film sans fusil et puis par son humour à la fois mondain et surréaliste dans En terrains connus. Tu dors Nicole s’inscrit parfaitement dans l’œuvre du réalisateur et s’avère un film qui capture très bien la véritable ambiance estivale. Un film simple et proche de la réalité, mais qui offre aussi un commentaire des plus subtils de l’œuvre du réalisateur.

À lire sur le Quatre Trois.