Archive for mai 2014

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GODZILLA – Critique du film

21 mai, 2014

Les États-Unis étaient dans un endroit différent dans leur histoire lorsque leur première adaptation de Godzilla est sortie au cinéma. C’était des temps plus heureux pour les Américains, et même quand Hollywood était envahi par les films catastrophes, leur attitude était plus cool, positive, sans véritable inquiétude. Et puis, un jour, ce n’était plus le cas. Ce n’est pas un secret que les États-Unis ont été profondément touchés par les attentats du 11 septembre 2001, et son industrie cinématographique n’y a pas échappé; on a dû par exemple retirer une affiche et une bande-annonce pour le premier Spider-Man, publicités qui mettaient en valeur le World Trade Center, et effacer la silhouette des bâtiments par ordinateur dans le film lui-même.

Hollywood s’est donc distancié considérablement de ces récits de destruction massive et d’histoires trop proches de la réalité dans leurs blockbusters, se réfugiant dans la magie, les bandes dessinées et les robots géants intergalactiques. Cependant, la sortie et le succès critique et public de The Dark Knight en 2008, adaptation très sombre d’un héros de bande dessinée, ont envoyé un message aux producteurs des grands studios américains, à savoir que le public était maintenant en demande de films aux émotions extrêmes et aux sujets plus sinistres. C’est ainsi que nous nous retrouvons, en 2014, avec une nouvelle adaptation du roi des monstres : Godzilla, une adaptation qui est heureusement réalisée par quelqu’un d’autre que Roland Emmerich – Dieu merci! Cependant, comme Godzilla 1998 était un produit dérivé desJurassic Park et Independance Day des années 90, cette deuxième tentative, réalisée par le nouveau venu Gareth Edwards (Monsters), n’est pas la révélation ni le renouvellement souhaité de la fructueuse franchise nippone. En fait, Godzilla 2014 ne finit par être qu’un film qui se place sans broncher dans la tradition des films de Godzilla et des films hollywoodiens sérieux des années 2010; un film compétent, mais très rudimentaire dans sa formule.

À lire sur le Quatre Trois.

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LE RÈGNE DE LA BEAUTÉ – Critique du film

20 mai, 2014

Le déclin de l’empire américain de Denys Arcand a eu un grand impact sur le paysage cinématographique québécois lors de sa sortie en 1986; non seulement cette histoire de baby-boomers professeurs à l’Université de Montréal racontant leurs ébats sexuels parsemés de références à l’histoire de notre civilisation a eu l’effet d’une bombe sur les amateurs de cinéma de la province, en influençant plus d’un, il lui a aussi valu plusieurs prix à l’international, allant même jusqu’à une nomination pour l’Oscar du Meilleur film étranger. C’est sûrement un des films québécois les plus importants des années 80, peut-être même du XXe siècle.

Malheureusement, dans les années qui ont suivi, le destin a réservé un héritage beaucoup plus sinistre à ce film. Comme une autre critique de la société québécoise des années 80 qui a considérablement raté sa cible, soit Elvis Gratton de Pierre Falardeau, Le déclin de l’empire américain n’a pas vraiment réussi à critiquer le comportement de ses personnages; il l’a validé aux yeux du public. Il est difficile de savoir si c’était dans ses plans initiaux ou non, mais les baby-boomers québécois, voyant ces personnages attachants d’intellectuels qui connaissent beaucoup, mais choisissent de ne rien faire, ont vu une approbation de leur détachement, de cette stagnation nostalgique et anecdotique dans laquelle la société québécoise baigne depuis.

Maintenant, il serait vraiment injuste de blâmer Denys Arcand pour tout ça; après tout, il a réalisé les documentaires On est au coton et Le confort et l’indifférence – le dernier ayant littéralement brisé son esprit par rapport à la politique, et la suite du DéclinLes invasions barbares, mettant en vedette les mêmes personnages principaux, maintenant confrontés à la mortalité et à la pensée qu’ils vont tout simplement disparaître sans avoir accompli grand-chose, est un très bon film. Les années 80 étaient pas mal horribles pour tout le monde de toute façon. Cependant, que vous le vouliez ou non, nous vivons dans un monde post-Déclin. Mais les jeunes reviennent de l’arrière; le cinéma québécois a profondément changé dans les cinq dernières années, avec de nouveaux talents et de nouvelles perceptions du monde. Même en mettant de côté sa liste des prétendus « meilleurs réalisateurs québécois du moment », l’arrivée de Xavier Dolan, Denis Côté, Stéphane Lafleur, Sébastien Pilote, Anne Émond et bien d’autres a chamboulé le paysage du cinéma québécois, plus proches d’une nouvelle génération de cinéphiles. C’est ainsi que Denys Arcand a voulu laisser un nouveau commentaire, un message à cette jeunesse québécoise dans la trentaine. Malheureusement, Le règne de la beauté s’avère être un film sans vie et sans véritable repère, une œuvre en profond décalage avec elle-même.

À lire sur le Quatre Trois.

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3 HISTOIRES D’INDIENS – Critique du film

11 mai, 2014

Robert Morin est sûrement l’un des cinéastes les plus uniques et singuliers de l’histoire du cinéma québécois. Ayant commencé dans la montée du format vidéo, son cinéma se caractérise surtout par son caractère cérébral et viscéral, violent dans sa réalisation à la caméra subjective et dans ses thèmes hautement politiques à la limite du supportable. C’est un réalisateur qui devrait être bien plus influent chez les jeunes réalisateurs québécois d’aujourd’hui, justement parce qu’il se démarque autant du modèle narratif, et ce, sans remords. Malheureusement, c’est un peu à cause de cela que son film précédent, Les 4 soldats, était décevant : pour un réalisateur qui a torturé son propre père, qui a filmé un raid dans une piquerie, qui a abordé le creux entre la population canadienne-française et anglaise jusqu’à perdre la tête, qui aurait pu prévoir que ce long-métrage finirait par être le plus pâle et le moins percutant de la série de films de guerre québécois des dernières années, comme Incendies, Rebelle et Inch’Allah, films déjà critiqués par certains pour leur regard prudent et éloigné de telles problématiques? En même temps… ce n’aurait peut-être pas dû être une telle déception, car à l’exception de Le Nèg’, la pure fiction n’a jamais été le point fort de Robert Morin. Non, là où il excelle, c’est dans le docu-fiction, dans son utilisation de la caméra subjective marchant entre folie et réalité pour faire des commentaires explosifs et engagés sur des enjeux très sombres de notre société auquel personne n’a envie d’approcher à même un rayon d’un kilomètre. Dans ce sens, on peut voir son dernier effort, 3 histoires d’Indiens, comme un petit retour dans le territoire cinématographique où le cinéaste s’épanouit le mieux. En effet, c’est un film qui s’insère parfaitement dans l’œuvre totale du réalisateur, même s’il ne réussit pas autant à s’en démarquer.

À lire sur le Quatre Trois.

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Jazzpunk

5 mai, 2014

JazzpunkBomb

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QUE TA JOIE DEMEURE – Critique du film

5 mai, 2014

Entre Curling et Vic et Flo ont vu un ours, en 2012 Denis Côté sortit Bestiaire, film donc la proposition de base étant simplement de filmer des animaux sans artifice au parc Safari. C’était un film qui, pour ce qu’il était, a eu un succès assez surprenant à l’étranger dans la route des nombreux festivals et même un peu ici, au Québec, peut-être justement à cause de sa proposition unique et bizarre, et de la popularité du réalisateur qui s’étend de plus en plus dans le milieu cinéphile. En tant que tel, Bestiaire était un peu décevant; le minimalisme de son expérimentation faisant en sorte que les nombreuses interprétations du film étaient très limitées. Si vous avez vu le film, vous avez sûrement une seule théorie qui vous est venue en tête, et en discutant avec vos pairs, vous vous rendrez compte que vos interprétations tournent autour de la même idée de représentation au cinéma. Mais cette année, Denis Côté nous revient avec une nouvelle proposition expérimentale, et si plusieurs voient ce film comme étant le petit-frère de Bestiaire, ou un film plus austère, plus petit, Que ta joie demeure se révèle pourtant un film beaucoup plus gros et accompli pour la simple et bonne raison qu’il y a juste plus d’éléments à explorer.

À lire sur le Quatre Trois.