Archive for décembre 2012

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Toute la mémoire du monde

30 décembre, 2012

Toute la mémoire du monde

Ce soir j’ai reçu la visite du fantôme que nous fuyons tous
Il a pris sa bière et il est parti

Les gens disent toujours les mêmes choses
Ils répètent leurs bibles culturelles
À l’unisson, complètement isolés
Le monde n’est pas différent, il disparaît à l’intérieur de soi-même
À travers des arcs dégoulinant les labeurs

Les gens disent jamais les mêmes choses
Leurs voix s’imbriquent une par-dessus l’autre
Et je ne peux rien comprendre de nos consolations
Que nous avons monté comme des grands
La vérité est un concept qui n’existe que dans mes fabulations

Ce soir j’ai reçu la visite du fantôme que nous sommes tous
J’ai pris ma médication et je suis parti

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Dose

27 décembre, 2012

Dose

Il y a une drogue dans ma tête
Qui pousse plus profondément que j’aurais imaginé
Qui brûle mes mains comme du kérosène
Les jours deviennent longs dans l’attente du bourreau
Avec mes yeux collés sur le téléviseur
Pour que le numérique m’absorbe dans sa trop courte vie

Les enfants sont heureux devant leurs débris
Leurs brasiers étalant les désintégrations
Mais je ne pourrais jamais contrôler mes doses
Mes rechutes qui s’écrasent en lignes quadrillées
Dans mes veines rouillées d’essence
Pour le grand plaisir de l’assistance et de vous, jeunes gens

Parce que nos destructions sont à heures de grande écoute
Nous ne verrons jamais rien
Et j’haïrais toujours les anges qui m’ont damné
Ta silhouette restera inatteignable pour mes doigts mutilés
La slush inonde ta peau un peu plus
Mais qu’est-ce que tu manges pour être malade de même?

Et j’apprends que tu commences à prendre des pilules
Et j’apprends que tes amis commencent à prendre des pilules
Et j’apprends que j’en prendrai encore pour un an
En larmes derrière les portes aimantées
Car je sais enfin pourquoi mes pieds touchent encore le sol
C’est 50 mg le matin, 50 mg le soir

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Quarantaine

23 décembre, 2012

Écriture automatique.

Quarantaine

Des fois je m’imagine
Un monde où je n’existe pas
Car je suis sûr qu’il en deviendra un meilleur
Je recommence mes maux à chaque jour
La page blanche continue m’attrape
Elle m’empoisonne le ventre plein
De cassettes VHS broyées dans la salive
J’ai épuisé tous les putains de stylo que j’ai trouvé
Et pourtant je n’ai rien écrit
À travers des lettres qui braillent en même temps que moi
Tu me bouffes, constamment
Pour ensuite vomir dans la cuvette
Je peux seulement retranscrire ma peine crachée sur le sable
Quand personne ne regarde dans le vide

Des fois je me dis que je vous ai contaminé
Que j’ai crevé vos sourires dégonflés
Au nom de concepts abstraits littéraires et latéraux
Souhaitez le statu quo, mes chers
Au moins vous serez le seul à souffrir
Et vous n’interromprez pas un party de famille en pissant sur le plancher
Tu es le démon en moi, devant mes paraboles
Et nos parents nous demandent, juchés sur nos épaules
Si nous sommes heureux dans nos défaites organisées
Comme ils sont emballés comme les cadeaux piégés
Ma chambre est plus froide que la neige dehors
Je m’interdis de penser à vous
Les pertes resteront invisibles sous mes pieds